Heureusement arrivent encore les cartes postales de vacances en Gaspésie...
Et l'étrange Blanche Neige ? Pas de signature, pas de message... Je vois pas du tout...
Lettre à Fernanda Pivano, 9 mai 1943
Chère Fernanda,
[...] Chère Fernanda, quand on refuse de m’épouser, au moins a-t-on le devoir de m’indemniser en se faisant une culture et en essayant d’en connaître un peu plus long que moi. Qu’il ne vous arrive pas ce qui m’attend, moi qui jetterai à cinquante ans les bras au cou de mon premier amour et dont les bras retomberont sur ma poitrine, vides et épuisés : n’attendez pas pour savoir lire un livre le temps où vous serez vieille comme la sorcière de la fable et où, pour séduire les jeunes gens, il ne servira plus à rien d’attendre la poésie dans tous ses raffinements. Ou alors, épousez tout de suite le chef de gare et finissons-en.
[...]
Fernanda, on mange peu chez nous et, sur cinq, trois ont attrapé la coqueluche. Je vous attends moi aussi et, dans cette certitude, je vous envoie mes affectueuses pensées, non sans souhaiter me trouver avec vous, seul, dans un petit cabanon, au bord de la mer, tous les deux avec ma coqueluche, à nous taper dans le dos et à confondre nos rugissements. À vous.
Cesarino
Chère Flo,
En recevant ta magnifique lettre ( c'est l'escalade jusqu'où ira -t-elle ?), j'ai pensé à Robert Desnos et à sa sardine de Royan...
(Une sardine de Royan
Nageait dans l'eau de la Gironde
Le ciel est grand, la terre est ronde,
J'irai me baigner à Royan.
Avec la sardine,
Avec la Gironde,
Vive la marine !
Et salut au monde !)
Et voilà maintenant , quand on a le dos tourné et la tête en bas, que des îles sortent de l'eau, et on est même pas en avril, dans cet estuaire où Robert nagea avec une sardine.
Ici radio St Hippolyte : les zinzins parlent aux zinzins . Hero fait la première partie de housse de racket, je répète hero fait la première partie de housse de racket.
Merci de m'avoir prévenu.
Ici rien de nouveau. Il commence à faire chaud et humide, comme il se doit sous les tropiques. On se dit que c'est étrange de préparer ses cartes de voeux avec cette chaleur.
On se goinfre de litchis, on marche par solidarité avec l'école primaire contre les cambriolages et les caillassages. On s'étonne de ne pas encore avoir été soi même cambriolés. On remercie masques et grigris.
On vous embrasse.
