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04 septembre 2010

cheré



cheré, c'est le nom de la grosse aiguille qui sert à  attacher la paille sur le toit du faré ou de la case.


Jour de lecture ( et de joie)  sous le faré.







(...) elle écrivait des poèmes comme remèdes à ses propres maux, ceux de sa famille, de ses amis, de son pays. Rêveuse, n'ayant jamais abandonné son idée romantique selon laquelle les grands écrivains réalisent leurs chef-d'oeuvres sur des dos d'enveloppes, des tickets de caisse, de vieilles lettres, elle semait chaque jour devant elle une flopée de bouts de papier éclaboussés de poèmes, (...)
Janet Frame, débuts , le Lagon et autres nouvelles, des femmes, 2006


Nous sommes tous passés

emportés par la musique

à travers l'aiguille

04 juillet 2010

Vers les grands kaoris



4 heures de marche de botanique et de légendes jusqu'à la forêt des grands kaoris, ça valait le coup d'attendre, 
 Si grands qu'il est illusoire de vouloir les mettre dans la boîte. On peut toujours essayer. 























Le kaori qui, dans quelques années finira par étouffer de l'étreinte du banian.







Le kaori blessé qui semble fondre comme une bougie.





Je devrais commencer un herbier.



            Butin du chemin
                     ambrevade et curcuma
                      légendes des anciens

18 juin 2010

jour de liesse


Le jour où le chat et le soleil sont revenus. Le 18 juin.
Françoise demande si on sait où il était passé.
Il était peut être  parti chercher le soleil.


En tout cas, il nous a fait une peur bleue et nous nous sommes fait un sang d'encre.


Avec le soleil,
et le retour de Papaye
l'encre ne bave plus




Pas mal la montre suisse : ici
Pas mal la cuisine illustrée : ici
Pas mal, les sujets de bac de philo : ici


10 juin 2010

Un palais fragile


Querida Juliane, lamento imenso, nao vou poder assistir ao teu casamento , dia 18 de Junho em Postdam...

( Bien qu'elle parle français, je parle portugais avec Juliane qui fut, pendant quelque mois, notre "fille aînée berlinoise")
Chère Juliane, je suis au regret de te dire que je ne viendrais pas à ton mariage, le 18 juin à Postdam.

Cher Nemo, je ne vais pas pouvoir  être chez Fernando, rue de l'Arbalète, dans le Ve (Mouffetard), le samedi 12 juin après-midi - et peut-être le dimanche 13.
Mais je peux visiter les liens  suivants : lezarts-bievre.com   et www. lapanse.com et regarder l'affiche qui est en face de mon lit.


(J' ai rencontré Nemo à Lisbonne mais je ne parle pas portugais avec lui)

C'est parfois dur de vivre si loin de vous...

Heureusement qu'arrivent des lettres, que ferions nous sans la Poste ? , des cadeaux d'anniversaire ( c'est chouette ces anniversaires qui n'en finissent pas) et aujourd'hui, oh, la pince Dymo  coréenne pour écrire des haiku. 



"six mois passés aux côtés d'une femme qui, concentrant en elle la vie même, mua chacun de mes moments en état d'enchantement. Nous construisîmes un fantastique palais dans la nuit, un palais en allumettes très fragile. Au moindre faux mouvement, un pan entier s'effondrait et nous  recommencions encore et encore."
 
J'ouvre le volume des oeuvres complètes de Cesare Pavese par au hasard et je lis fort à propos.

A Maria Cristina Pinelli, 11 février

Chère Maria Cristina
...
Tu te plains de ton exil en Maremme -moi  il y a un bout de temps que je ne crois plus aux exils. Quand j'ai passé deux ans dans le Monferrato, j'avais le sentiment de me rebiffer- je me rends compte maintenant que ce furent des années très belles et je les revoie en pensée et j'y prends plaisir. Celui qui n'est pas heureux où il lui échoit de vivre ( à l'intérieur de certaines limites raisonnables), ne le sera en aucun autre endroit. Je dis cela non pas pour te pousser au désespoir, mais pour insinuer en toi le soupçon  que ces petites années de Pitigliano sont probablement les plus belles années de ta vie.   ...

Je lis aussi avec intérêt le Journal de Henning Mankel tenu à bord d'un des bateaux de la flotille  Ship to Gaza dans un  numéro de Libération miraculeusement arrivé jusqu'ici.
Lui qui vit à Maputo 6 mois par an, dit que vivre là bas lui permet de se décentrer. 


"Je n'ai aucune raison romantique de vivre ici. L'Afrique fait de moi un meilleur Européen, c'est tout".

Et tout ça remplit ma journée.

09 juin 2010

Rosefort en accords


Je prépare dans mon coin et à ma manière  la Vie en rose du  11, 12, 13 juin. Nous avons enfin investi dans une table et des bancs  qui resteront sur la terrasse en bambou. Il me restait des pots de peinture : coquelicot, anémone et grenadine.  Marre de rentrer et de sortir la table. Il fait très frais le soir et même froid et très chaud dans la journée. Hier soir, Anje nous a fait remarquer que sa bouche faisait des nuages blancs et c'était vrai.
Je fais un tour sur le site de  Rochefort en accords 
Je regarde le film des collégiens de Pierre Loti sur le Pacifique Sud et j'aime bien la remarque de M. le Maire sur la différence entre le  jeu d'échecs et le jeu de go.


De la poésie sur Etsy from Hamilton, NZ

Un joli magasin à Sao Francisco



        

                                        
                                      
                                      




                                                  


                                
                                              

13 mai 2010

Belle

la promenade à la cascade.  Comme les plumes de rapaces que j'ai fait tomber sur le chemin du retour. Comme le petit nid de mousse et d'aiguilles de bois de fer qui donne envie d'être un oiseau. On s'est perdu dans le champ d'herbes hautes. On se serait cru dans la chasse à l'ours. (What a beautiful day! / We're not scared. / Oh-oh! Grass! / Long, wavy grass. / We can't go over it. / We can't go under it. / Oh, no! / We've got to go through it!) On a entendu la cascade mais on a rebroussé chemin. La nuit tombe vite à cette saison. 


Alors :



Un tout petit nid, 
La couleur des herbes hautes
et les plumes perdues




et aussi de bonnes nouvelles des deux premiers paquets, je commence à respirer :






Baptisé pépère,
il a fait un beau voyage
le grand katara




Avec dix sept pieds
21 000  kilomètres
il est arrivé



















10 mai 2010

Je grave


Je grave, je grave et je ne me brûle pas.

Dis donc, il s'en passe des choses dans le Poitou.
Et les Charentes.
Il fut un temps où on dansait place Colbert. ( Mais on découpait aussi des femmes en morceaux rue du Port rue de la Bienséance, à deux pas du château)


                    Je grave des bambous
        que je cueille sur la terrasse
          refuge ou prison ?


J'ai réapprovisionné le petit magasin mais ne le dites pas au jeune économiste, il croit que j'ai compris les flux tendus et le juste à temps. Chers amis, avertissez moi à la réception du paquet, je me fais un sang d'encre, je sais qu'il y a le volcan islandais, son nuage mais quand même ça en met un temps...



                        

24 avril 2010

la pêche aux pintadines


Moi ce qui me plairait ce serait de prendre mon kayak tous les matins,( comme ce matin),  descendre la rivière de Gélima jusqu'à la baie de Canala, faire une petite halte sur une plage et ramasser des pintadines  près des racines de palétuviers avant de regagner le wharf.


Les pintadines ne sont pas des volailles mais un genre d'huitre plate, dont la coquille m'a tout de suite plu.

18 avril 2010

Tuer l'année en avril


Sarèxwada , la fête de la nouvelle igname veut dire littéralement : tuer l'année, en xârâcùù. On a recommencé samedi, au bord de la mangrove.

Une année aussi bien "tuée" devrait laisser le champ libre à la nouvelle pour s'épanouir . Bonne nouvelle année, donc.


J'ai  appris à dire "je t'aime" avec d'excellentes professeures ( na xwèrii ro) . J'ai appris dans quel sens s'enroulent les tiges d'ignames autour des piquets. J'ai  aussi  appris à  ficeler le poisson fumé dans les feuilles de chou kanak ( des papillotes sans papier d'alu)...





08 avril 2010

Musées



Pas de chance le musée de la mine à Thio était fermé exceptionnellement hier . Dommage, il a une bien belle enseigne.  Celle  de la Piscine à Roubaix était bien belle aussi.

Depuis que j'ai visité  avec ma professeur de français le musée d'art moderne de la Ville de Paris ( je crois que c'est resté mon préféré), il y a des siècles, je suis devenue inconditionnelle ( Avant il eut, c'est vrai le Musée Grévin,  la tête de la Princesse de Lamballe au bout d'un piquet, j'habitais justement résidence du Clos de Lamballe, ça m'avait  glacé et Marat dans sa baignoire aussi  et avant encore le Muséum d'Orléans, ses collections de champignons et ses animaux empaillés-on ne dit pas empaillé, on dit blablabla...)

(Et Bridget me parle  aujourd'hui de Deyrolles,  comme un musée où l'on pourrait emporter les trésors... )

04 avril 2010

Nouvelle igname


On a partagé la nouvelle igname. Sarèwrada.


Les gens de la mer avaient apporté crabes, crevettes et poisson qui ont rejoint sur la table notous ( un gros pigeon sauvage) et roussettes ( une grande chauve souris fructivore, flying fox en anglais) . On a tout goûté. On a partagé la nouvelle igname et beaucoup d'autres choses qui ne se  prennent pas en photo.


01 avril 2010

Rions un peu


Dans le Courrier Internationall du maudit M, ce dessin de Burki (24 h  Lausanne)  qui me plaît beaucoup. Spécial dédicace pour McdsM. Si elle veut le mettre dans son magazin de rien.

13 décembre 2009

N'oubliez pas...



Il fait froid gris, il fait froid, les portes des métros se referment trop vite sur les mamans avec enfants, j'espère qu'il va neiger au moins pour les petits UM de l'avion. " Et, alors, cette neige, elle se mange ?" m'a demandé mon voisin en survolant les Alpes. J'allais répondre non quand j'ai repensé à Stepan qui aimait tellement ça quand il était petit. Heureusement qu'il y a l'amour qui réchauffe et éclaire.

Pendant ce temps, là bas, très loin, à l'île des Pins qui fut un lieu du bagne en d'autres temps, il fait très chaud, le sable est blanc comme de la farine, la mer a la couleur de l'Obao qu'on mettait dans la baignoire dans la France giscardienne et les hommes, paraît-il sont les plus beaux du monde, d'après Griselda. On a hâte d'en savoir plus.

12 décembre 2009

bavardages




Les lettres, c'est bien, les mails, c'est bien , skype, c'est bien mais les après midi de bavardages en vrai, rue d'Avron, c'est bien aussi. Avec des gâteaux à admirer, juste arrivés d'Alger.
Et toujours le métro, hein Zazie.

03 décembre 2009

J'irai méditer à Kawakawa



J'irais bien faire un tour à Vienne revoir le Musée et la Maison Hundertwasser . J'avais oublié que le peintre viennois avait passé une grande partie des vingt dernières années de sa vie en Nouvelle Zélande, dans l'île du Nord, plus précisément à Kawakawa. C'est là qu'il est enterré.
Il a offert en cadeau à la ville de Kawakawa une rénovation de ses toilettes publiques et en a fait un lieu de méditation. En attendant de me gaver de gateaux au pavot dans un café viennois, j'irais méditer l'an prochain dans les toilettes de Kawakawa.
Et l'idée de la fenêtre en bouteilles, je la mets dans mon sac à idées où elle rejoindra celle de l'astucieux étendoir ( avec cul de bouteille dans le mur) des habitants de l'Alfama à Lisbonne.

29 novembre 2009

respirer






Le Centre Tjibaou est le meilleur endroit qu'on ait trouvé pour prendre notre petit déjeuner du dimanche ( avec le marché) Sinon pas facile de trouver un bar ouvert. (D'ailleurs même ici le bar est fermé et on se contente du distributeur) Mais le centre Tjibaou est aussi un endroit où on ne sent pas les tensions et les murs invisibles qui étouffent dans le reste de la ville. C'est l'esprit du lieu.

26 novembre 2009

Pourquoi


Je recopie les mots d'Agnès qui recopie les mots de Kriss. Et ça devrait pouvoir nous aider.

Auditrices de ma vie, auditeurs de mon coeur, il vous arrive parfois de trouver votre vie quotidienne ennuyeuse, comme une routine, rayée, où tout est établi d’avance. Alors, sans doute vous rêvez d’être embarqués au coeur d’une saga puissante et bouleversante porteuse de bonheurs inouïs et de cataclysmes démesurés. Vous avez envie d’exploration, d’horizons mystérieux, de moeurs étranges, de couleurs et de significations indéchiffrables. Mais le monde vous semble tellement exploré, bah... bof... Et pourtant, il existe un espace invisible, quotidien, faussement anodin, où nous nous aventurons tous les jours sans y penser, qui vaut tous les dépaysements du monde, et peut fournir des questions en quantité suffisante pour ne plus jamais s’ennuyer dans une vie. C’est un espace qui se révèle habité seulement à ceux qui savent le voir. Un rétrécissement de pupilles. La manière dont vos amis se placent autour de votre table quand vous les invitez ; les mystères qui vous poussent à vous asseoir à côté de quelqu’un dans le métro plutôt qu’ailleurs. Mais aussi, tenez, la manière dont vous embrassez vos proches ; ce qui vous agace sans la moindre raison chez vos collègues ; les émotions qu’un frôlement dans un couloir éveille en vous... Mais aussi, plus vertigineux encore, une sorte de monde en creux qui serait aussi vrai sinon plus que celui que nous énonçons, où nous voyons. Les silences qui transgressent les codes non dits ; les rituels que l’on respecte sans même y penser ; la durée d’un regard ou celle d’un silence. Toutes ces choses auxquelles on ne prêtait pas attention jusqu’ici et qui racontent à la fois votre histoire personnelle, celle de votre civilisation, celle de l’espèce dont vous faite partie et qu’on appelle humaine. Et cette espèce humaine possède un carburant invisible et gratuit. C’est lui qui nous fait dire « Pourquoi ? ». Et il suffit de l’appliquer à tout ce qu’on rencontre dans une vie pour voyager à l’infini.

22 novembre 2009

bright star


Chère Marie,
J'ai beaucoup pensé à toi aujourd'hui. J'ai regardé en boucle la bande annonce du nouveau film de Jane Campion. Je sais que le Piano est ton film préféré. L'héroïne de Bright star est couturière et le peu que j'ai vu des costumes devrait te ravir. J'espère qu'on pourra le voir ensemble. Il sort le 13 janvier en Europe. à très bientôt




06 novembre 2009

juste une image

De ces quelques jours à Poindimié, juste une image.

Difficile de choisir dans ces milliers d'images du monde entier. Des gens : qui cherchent du jade blanc, qui cherchent la musique dans les objets du quotidien, qui cherchent à être meilleurs, à être libres, à rester debout, qui cherchent le vent ou qui cherchent à s'abriter de la pluie, qui cherchent l'amour. Des lieux : Valparaiso, Paris, les quais de la Seine, Chateau-rouge, Barlin ( et surtut Barlin est oui, Barlin, j'insiste) le Vietnam, la Chine ( et Shangai en particulier), la Macédoine, l'Indonésie, l'Australie et bien sûr la Calédonie-Kanaky. Quel voyage et en quelle compagnie dans une petite salle obscure, entre la médiathèque et le marché...
Et le soir, dans la campagne, près de la maison commune, sous un faré et sur les nattes, le cinéma qui recommence.

En paici, la langue de là, pour dire cinéma, on dit : l'ombre de l'homme. anuu-ru aboro.

Cinéma- ombre de l'homme-fantôme. Ce matin, Cyril nous a offert plus qu'une image au saut du lit et j'ai pleuré. Et j'ai du mal à m'en remettre. C'est ici.




15 octobre 2009

anniversaire



Douze ans déjà. On est très loin de Prague, to je daleko, miminko... heureux anniversaire. všechno nejlepší k narozeninám