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20 juin 2010

J'étais où ?



Ben, t'étais où ?

J'étais partie à la Grande Ville. ( On vit au rythme des devoirs surveillés du samedi matin qui empêchent les élèves  qui habitent loin de rentrer chez eux)

Et toujours,  faire les courses, rendre ses livres dans les bibliothèques, visiter les musées.

Des musées, de la musique et de la danse. Et des bonnes choses à manger  de Lifou et de Fidji dans le jardin du musée.

J'aime les musées quand ils sont  déserts. J'aime les musées avec de la musique, des chants, des danseurs. J'aime les muséeS avec plein de gens. J'aime manger au musée assise sur la natte au milieu des autres. Je finirai peut être par aimer cette Grande Ville, qui en fait est toute Petite mais ça m'étonnerait. Mais j'aime bien ses musées.

Au Musée Territorial, il y a toujours la magnifique exposition des bambous gravés qu'on peut visiter et revisiter cent fois.
Au Musée de la Ville, il y a d'étranges masques de la Nouvelle Bretagne ( Papouasie Nouvelle Guinée)
Au Centre Tjibaou, il y a un nouvel accrochage des oeuvres d'Océanie.( On n'a pas pu voir l'exposition sur la robe mission , on y retournera). Il y avait aussi samedi soir, un sacré bon danseur, Brahim Bouchelaghem, les poèmes et la voix de Carolyn Carlson, la calligraphie de Hassan Massoudy ( What did you say-compagnie Zahrbat).




Et l'eau qui était si fraîche, baie des citrons, on aurait dit l'Atlantique en été.

Voilà, c'est là que j'étais.  J'ai les yeux comme un masque papou du pays des Baining. Je vais avoir du mal à les fermer.

Juste avant de me coucher, Maximo,  mon voisin de la rua Santa Rita, 5 Sao Joao de Estoril m'envoie un extrait de L'année de la mort de Ricardo Reis pour m'annoncer la mort de José Saramago.  Je relis ces quelques phrases en portugais à haute voix et en m'appliquant. Cette fois, je vais me coucher.

"Dans les divers arts, et principalement dans l'art d'écrire, le meilleur chemin entre deux points mêmes proches n'a jamais été, ne sera jamais et n'est pas la ligne droite"


                    What did the wind say ?                 
                    What did you say, Carolyn ?
                      I said : I'm the wind


                   On the white paper
                   I  tried to read your black words
                   falling  and falling
                                 
                                    

03 mai 2010

Alors comme ça, t'habites à Fleury ?











Un courriel m'informe que le 22 et 23 mai se tiendra à Bézu St Eloi ( 27)  le Baz'art, le Festival international d'art singulier. L'invité d'honneur est André Robillard dont nous avons vu  au Musée Art) &(marges,  à Bruxelles, les drôles de fusils. Ce que m'apprend surtout ce message, c'est  que André Robillard fut un voisin. 


 "André Robillard est né en 1932. En raison de troubles du comportement, à l'âge de 19 ans il est placé dans l’' hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais dont il fréquentait déjà l'école annexe depuis l'âge de sept ans. A trente trois ans, il fabrique ses deux premiers fusils que son psychiatre le Dr Renard montrera à Jean Dubuffet. La même année, il est recruté comme auxiliaire pour s'occuper de la station d' ’épuration de l'hôpital, ce qui lui permettra de demeurer dans son logement jusqu'à aujourd'hui. André Robillard fabrique surtout des fusils, des engins spatiaux et après une visite à Lausanne où il fut vivement impressionné par l'œuvre d'Auguste Forestier, des animaux fantastiques et des personnages. Au fil des années, il est devenu dessinateur, sculpteur, musicien. Il joue de l'harmonica, de l'’accordéon et des percussions sur des instruments qu'’il se plait à inventer. André Robillard est fier d'avoir fait quelque chose de sa vie grâce à ses fusils et il a conscience qu'il laissera une oeuvre derrière lui. Ses armes, ironiques et dérisoires, sont constituées de matériaux usagés assemblés à l' ’aide de rubans adhésifs colorés. Il utilise tout ce qui lui tombe sous la main : vieux tuyaux, ficelles, cartouches, ampoules, tubes, tissus, plastiques, qu'il assemble avec des clous, du fil de fer et du ruban adhésif d'électricien. Dans sa maison, l’' accumulation d'’objets impressionne. Une étonnante collection de boites de cigares, de peluches et de masques de mardi-gras pour enfants côtoient en grand nombre quelques fusils et des dessins.








Une partie des créations d'André Robillard se trouve dans la Collection de l'Art Brut à Lausanne et dans celle de l'Aracine. Cette dernière est hébergée par le Musée de Villeneuve d'’Ascq qui réouvrira après travaux fin 2010." 

Je me souviens, que lorsqu'on nous demandait d'où on était et qu'on répondait : Fleury ( dans un rayon bien délimité autour d'Orléans), cela faisait ricaner souvent et s'esclaffer parfois avec le doigt sur la tempe comme si on vissait. 

En  étendant le rayon, Fleury n'était plus un hôpital psychiatrique mais une gare où l'on changeait de train.




3 mai : j'ai vu un corbeau sur la route du haut G. C'est si rare de les voir.

farouche éclair noir

à notre approche, il s'enfuit
après vient la pluie

21 mars 2010

48

48 . Quarante huit.  quarenta e oito. Les doigts de deux hommes et huit doigts.


 Le nombre de masques  à ce jour, 21 mars.


L'âge de certain(e)s.


Le titre du film de Susana Sousa Dias au Cinéma du réél cet après midi et aussi demain ( pour vous). 48 ? 48 années. La durée de la dictature de Salazar, au Portugal.


48. Page 48. C'est aussi le nom d'un blog dédié aux pages 48 de la littérature et inspiré d'un texte de Joe Brainard. "I remember" ( Perec s'en inspirera pour Je me souviens)








“Je me souviens d'avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j'emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m'en être vite lassé.”
Je constate  avec  un  brin de jalousie en bas à droite que Page 48 est un blog très suivi. ( 128 followers. )( Je me contenterais de 48.)



Le haiku du jour ne porte pas le numéro 48 mais le numéro 80. 

16 mars 2010

flotter

Les faits les plus banals m'étourdissent, impressionné que je suis pas leur richesse, leur profondeur, leur éclat caché. Etant déjà absorbé par la simple réalité, si subtile et si abondante, je n'ai plus besoin du surnaturel pour rêver. Je ne rêve pas d'un autre monde. Je rêve dans ce monde.


Je ne partage pas trop l'idée de pays, de drapeau ou de nation. En tout cas, pas autant que mes compatriotes. Je dirais plutôt que c'est ici que je suis né, c'est ici que j'ai connu l'amour pour la première fois, c'est ici que vivent ma mère et mes tantes, et c'est ici que vient de mourir mon meilleur ami. Une accumulation. Cette masse de faits produit une émotion. Et cette émotion m'appartient en propre. C'est mon identité. Je ne crois pas que les gens soient plus intéressants ailleurs qu'ici, ni même que la vie y est meilleure.  C'est sûrement différent, même si je ne sais pas de quoi est faite cette différence. Je pense avoir le droit, si tel est mon désir, d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté de la colline. C'est tout. Un désir personnel. Le mien.


On ne peut ni prévoir ni fabriquer un tel moment. Il faut attendre simplement qu'il revienne.  Parfois, ça prend des semaines ou même des mois. Et subitement, une fois de plus, sans crier gare, comme la mort, il nous tombe dessus. Alors je n'arrive plus à respirer. Mes mains deviennent soudain moites. Ma langue, lourde. Tout est confus dans ma tête. Je n'arrive plus à formuler une simple pensée. J'ai l'impression que nous sommes en train de flotter comme dans un tableau de Chagall. Je sens que c'est le moment. Il est là , enfin. Il faut que je lui parle.

Dany Laferrière Le cri des oiseaux fous Lanctôt éditeur

En lisant ce matin, j'ai compris pourquoi j'aime autant les livres de Dany Laferrière.

25 février 2010

l'ombre de l'homme ( le cinéma)








Je ne sais pas ce qu'on peut faire avec les noix de coco qui font si peur à Anjela.

Ici, le festival de cinéma de Poindimié, Anuu-ru Aboro, ( l'ombre de l'homme) l'a mis sur son affiche.
Là, l'affiche du Festival de cinéma de Rochefort aussi est prête.

21 février 2010

face à face




à quoi ça sert la frite ? à quoi ça sert le cochonnet ?

J'aimerais bien chanter : "j'fais mon footing au milieu des algues et des coraux" mais c'est pas possible, il fait vraiment trop chaud...

Marcel Broodthaers , (musée des Beaux Arts de Bruxelles) peut dialoguer avec un chat (à propos de chat, on a eu de bonnes nouvelles de Mifi, elle se porte comme un charme, tant mieux)

06 janvier 2010

Today is back


On a bien fait d'attendre patiemment que le feu passe au vert.
Le bel aujourd'hui de Paul est de retour. Enfin une bonne nouvelle...

Bonnes résolutions : en 2010, j'écrirai un haïku chaque jour avec les mots que je découperai dans les journaux ou autres imprimés. J'ai commencé avec le programme du théâtre de l'Odéon et le journal Sud ouest. Demain, Ouest France... Dans un mois, les Nouvelles Calédoniennes. C'est très important d'avoir des projets.

26 décembre 2009

enterrer un arbre mort





Je continue ma visite du Musée des Beaux Arts d'Orléans. Avant j'aimais engloutir goulument les expositions maintenant quand j'en vois une qui me plait ( Marie Morel, par exemple à la Halle St Pierre) ça me suffit pour un long moment.
Au Musée d'Orléans, j'ai vu la belle exposition consacrée au sculpteur Gaudier Brzesca ( le gardien m'a dit : vous pouvez tout photographier mais pas l'exposition Gaudier Brzesca).
J'ai aussi découvert une oeuvre collective de trois jeunes artistes de Tours et d'Orléans autour de l'oeuvre de Driss Chraïbi. HOW TO PLANT A DEAD TREE, AND WHERE!?

Malik Nejmi (photographie), Abdelkader Benchamma (dessin mural), Mathieu Gaborit (travail sonore) Comment enterrer un arbre mort et où ?

J'ai pensé que le Musée devrait acquérir une oeuvre de Leila qui a étudié la gravure juste à côté. Je devrais leur suggérer mais après tout de quoi je me mêle.
J'ai aussi photographié ce tableau représentant des toits de New York. Le nom du peintre m'était inconnu ( Boutet de Monvel) mais pas le lieu et la date de sa mort.( Açores, 1949)



17 novembre 2009

Leïla expose à Rio


Pour ceux qui connaissent Leïla ( et aussi pour les autres), on peut visiter son cabinet de curiosités sur son blog. L'exposition est collective et s'appelle CONTATO( sous titrée arte e biologia.) Bonne visite. Bon voyage.

08 novembre 2009

faire le mur


Faire le mur, le film de Bertille Bak, ( école d'art du Fresnoy) est un des films que j'ai préférés à Poindimié. Et il ne parle pas du mur de Berlin mais de celui, moins célébré, de Barlin, ça change. Le travail de Bertille Bak est présenté à la maison rouge à Paris jusqu'au 22 novembre.

27 octobre 2009

Anuu-ru aboro ( l'ombre de l'homme)



Elle est bien l'affiche du festival du cinéma des peuples de Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié). Un peu étrange. On ira, en plus, ce sera les vacances, les dernières avant les grandes vacances d'été.
Déjà l'été.

21 octobre 2009

noir/blanc


En août 2009 a eu lieu au Centre culturel Tjibaou un workshop (atelier) animé par un artiste originaire de la Réunion, Thierry Fontaine, réunissant des jeunes artistes du pays. Il a fait faire des robes mission, des noires et des blanches et chaque artiste en a reçu une de chaque comme des feuilles vierges à transformer.
" Mon rapport à la robe est avant tout esthétique. Portées ou exposées dans les vitrines des boutiques du centre de Nouméa, hypercolorées, elles ont tout de suite capturé mon regard. Sans idées précises, j'en ai fait réaliser une blanche et une autre noire, comme matière première ou surface vierge en attente, évoquant la toile brute des tableaux, elles m'ont donné l'idée du workshop et de son titre Collection, en référence au fonds d'un musée et au défilé de mode. "

(Lu dans un nouveau journal gratuit trouvé à la bibliothèque Bernheim Les Arts Bougent.)

Thierry Fontaine était invité à la Biennale de Melle cet été et à celle de Lyon cette année.

Dans le même journal, LAB, il est aussi question de l'exposition de Andreas Dettlof au musée d'art et d'histoire de Rochefort "A l'artiste polynésien inconnu"

23 septembre 2009

Yvette Bouquet


Yvette Bouquet exposait ses toiles dans une galerie de l'Anse Vata. C'était le dernier jour, elle était là, tranquille, à peindre en attendant la fin de la journée pour tout ranger.
Un jour, j'irai la voir à son atelier de Ducos et je lui acheterai une toile. En attendant, je peux voir son travail au Centre Tjibaou.

31 août 2009

C'est elle, la fée



Dans l'agitation du départ, peu habituée à ce genre de combat, j'avais aspergé d'eau de javel ma jolie robe gris orage , en voulant nettoyer la douche.
J'avais griffonné à ma bonne fée un appel au secours sur un bout de papier et j'ai fermé la porte à clé.

Et voilà, 20 000 km et des poussières plus tard, plus de taches mais de jolies fleurs de son jardin. Je vais tout de suite l'enfiler, la robe, et je cours de ce pas poster l'abécédaire de corail que je lui ai fabriqué...

06 mai 2009

Abril em Maio

Voilà où j'aurais pu aller ...   Encore une aventure parisienne qui tombe à l'eau.

Avril en Mai. Abril em Maio.   Je ne sais pas si l'association existe toujours. J'étais fière d'avoir ma carte de membre.

Et le film s'appelle "natureza morta " ( nature morte) Et la réalisatrice sera là.
Et un buffet portugais sera offert à tous les participants.  

Imaginons le buffet.  Pasteis (ou même pataniscas) de bacalhau et rissois de camarao.   Chouriço assado . Azeitonas et tremouços.  Sardinhada ?   Leite creme ? Queijada ?  Pasteis de nata ? 


05 mai 2009

Némo à Menilmontant



Avec Jérôme Mesnager et Mosko...
Du 15 mai au 29 août  du mardi au samedi de 11  heures à 18heures
121 rue de Ménilmontant  75020 Paris Métro Gambetta.
 Merci pour l'invitation. J'irai avant l'août mais pour le vernissage, cher Némo, c'est raté.  J'habite trop loin de Paris...

26 février 2009

talents



Je suis frappée au réveil par le talent de certains et certaines et je partage. Léa  est revenue et elle  nous ( me, en tt cas) fait découvrir un poète ( a sound poet) Bernard Heidsieck. Quant au dessin de Martin Vidberg, je le trouve très bien comme souvent.

24 février 2009

ricochets da Leila






C'est toujours difficile d''avoir de ses nouvelles. Heureusement il y a la toile et on y arrive parfois.  Même si là,  je suis carrément jalouse : les Beaux Arts d'Orléans ont reçu ses voeux, les chanceux.. Et nous, non. Tant pis, ça fait quand même plaisir d'avoir de ses nouvelles même par ricochets .Minédérien..  Comment dit-on ricochet en brésilien " ricochê" ?

10 février 2009

Gaston

Vrai timbre
faux chaissac



Au début des années 80, je découvrais Gaston Chaissac et cela allait bouleverser ma vie.
Je passais des journées entières au Musée Ste Croix des Sables d'Olonne, réunissant livres et articles.
Ce que je préférais, je me souviens, était la correspondance, les lettres loufoques qu'il envoyait même à des inconnus .

Comment ai -je pu l'oublier à ce point et ne pas le mettre dans mon musée personnel ?
En essayant d'écrire un texte pour l'exposition du mois de mars à Niort, je me suis souvenue de lui, comment il m'avait tenu la main.
Je me souviens aussi que, désespérée par le prix qu'atteignaient déjà ses collages à l'époque, je m'étais mise à fabriquer des faux pour faire plaisir autour de moi.

Pendant la visite d'une expo de Chaissac dans un quartier chic de Paris, voulant absolument en garder un souvenir, j'avais dérobé la garantie de son vélo qui se trouvait dans la petite sacoche en plastique accrochée derrière la selle.

Je peux l'avouer aujourd'hui, le larcin est infime et il y a sans doute prescription. D'ailleurs l'objet du vol a disparu depuis belle lurette.