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15 juin 2010

Peace and love




Le journal m'apprend que pour la deuxième année consécutive la Nouvelle Zélande arrive en tête du classement  GPI ( Global  Peace Index).
 Les Français  interrogés dans l'article, vivant en NZ,   se félicitent de pouvoir laisser les clés sur la voiture, de ne jamais fermer la porte  de la maison à clé, de trouver des barbecues à gaz ( sans que personne ne songe à voler la bouteille de gaz) sur les plages et dans les parcs, du papier hygiénique dans les WC publics... ici.

Je me souviens surtout de combien chacun était aimable, soucieux de l'autre, à Esquire Café de Parnell road, au Lantana Lodge, à la brocante de Woodville( zut, pourquoi je n'ai pas acheté ces magnifiques ballons de rugby en cuir ?),  au fish and ships grec de Plimmerton , dans la ligne d'eau SLOW de l'Olympic pool d'Auckland ... etc jusqu'à la douanière  de l'aéroport qui m'a demandé si j'avais aimé mon séjour et si j'avais apprécié le bungy jumping (Saut à l'élastique, saut à l'élastique,  est ce que j'ai une tête de sauteuse à l'élastique ?)





Mon enfant, ma soeur
d'aller la bas vivre en paix
songe à la douceur

(un haiku à 4 mains, merci Paul)


11 juin 2010

Combat avec une pince Dymo



Nous avons eu du mal à nous comprendre, elle et moi. Je me suis dit que le dymotage n'était pas comme le ski, le vélo , la natation et les tables de multiplication.
Mais j'attendais depuis si longtemps ce premier dymo haiku.  J'ai insisté, je lui ai dit salut en coréen ( le petit épicier jovial de Roturoa Rotorua nous avait fait répéter : annyeong  plusieurs fois  en rigolant),  ça a payé. 


Je dédie ces deux premiers dymohaiku à Jean C, champion du monde d'étiquetage qui, découvrant cet objet magique nous colla notre nom sur toutes nos affaires d'école et d'ailleurs, même qu'on en trouve encore, 40 ans après.


La pince Dymo aura survécu au Polaroïd...




Longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu, leur chanson court encore dans les rues...




     Enjoy a daydream
    wait for a water message
    behind the white door



 a dymo haiku
 conversation with aghost
I forgot a space

11 mai 2010

14 janvier



En janvier, j'ai découpé des mots dans les journaux régionaux, au fil de mes déplacements : Sud Ouest, Ouest France, La République du Centre.  C'est un exercice difficile, écrire des poèmes avec les mots du journal et le résultat est, c'est vrai, McdsM, bien éloigné de l'esprit du haiku.
Le 14 janvier, les journaux ne parlaient que du tremblement de terre de Port au Prince. Je suis restée longtemps sur la table rose et blanche de la cuisine de Rochefort à déplacer les mots sans trouver quoi que ce soit  de  juste.
Depuis la fin du mois d'avril, j'ai repris les haikus  de janvier pour en faire des haikullages.

Aujourd'hui 11 mai,  je me suis attelée au haiku impossible du 14 janvier . Pas question de le mettre dans le magasin mais je me dis que je pourrais reverser la totalité des gains à une association haitienne par exemple.


Deux jours  de pluie  diluvienne et je m'appelle Vieux Os. Heureusement le soleil est revenu dans la journée. Le matin et le soir, il commence à faire très frais.


 Des chats et des chiens
La pluie m'a rongé les os
Je sèche au soleil




Vous avez vu ? Ce qu'on peut faire avec des sacs en plastique plutôt que de les bruler au dépotoir...

30 avril 2010

la calebasse d'avril



Ma petite entreprise me donne bien du travail et bien du plaisir. Merci pour les encouragements et  les emplettes. C'est chouette.  Un haikullage est en route pour Rochefort. Deux haikullages sont partis ce matin pour Porto et un katara pour  Outre Gardon. Quels voyages...

Avril se termine et les découpages de Nouvelles Calédoniennes avec. Ouf.


 En mai, fais ce qu'il te plait. Je suis impatiente.

365 haikus, je les ferai...

28 avril 2010

Juste le début. Et la fin.


Parmi les poètes que nous a fait découvrir  Cleonice, notre professeur de littérature brésilienne à Lisbonne : Joao Cabral de Melo Neto. En baguenaudant sur internet, je tombe sur un texte tiré de Os três mal amados ( les trois mal aimés) :



Joaquim:
O amor comeu meu nome, minha identidade, meu retrato. O amor comeu minha certidão de idade, minha genealogia, meu endereço. O amor comeu meus cartões de visita. O amor veio e comeu todos os papéis onde eu escrevera meu nome.
(...)
O amor comeu na estante todos os meus livros de poesia. Comeu em meus livros de prosa as citações em verso. Comeu no dicionário as palavras que poderiam se juntar em versos.

Faminto, o amor devorou os utensílios de meu uso: pente, navalha, escovas, tesouras de unhas, canivete. Faminto ainda, o amor devorou o uso de meus utensílios: meus banhos frios, a ópera cantada no banheiro, o aquecedor de água de fogo morto mas que parecia uma usina.
O amor comeu as frutas postas sobre a mesa. Bebeu a água dos copos e das quartinhas. Comeu o pão de propósito escondido. Bebeu as lágrimas dos olhos que, ninguém o sabia, estavam cheios de água.
O amor voltou para comer os papéis onde irrefletidamente eu tornara a escrever meu nome.
O amor roeu minha infância, de dedos sujos de tinta, cabelo caindo nos olhos, botinas nunca engraxadas. O amor roeu o menino esquivo, sempre nos cantos, e que riscava os livros, mordia o lápis, andava na rua chutando pedras. Roeu as conversas, junto à bomba de gasolina do largo, com os primos que tudo sabiam sobre passarinhos, sobre uma mulher, sobre marcas de automóvel.
O amor comeu meu Estado e minha cidade. Drenou a água morta dos mangues, aboliu a maré. Comeu os mangues crespos e de folhas duras, comeu o verde ácido das plantas de cana cobrindo os morros regulares, cortados pelas barreiras vermelhas, pelo trenzinho preto, pelas chaminés.  Comeu o cheiro de cana cortada e o cheiro de maresia. Comeu até essas coisas de que eu desesperava por não saber falar delas em verso.
O amor comeu até os dias ainda não anunciados nas folhinhas. Comeu os minutos de adiantamento de meu relógio, os anos que as linhas de minha mão asseguravam. Comeu o futuro grande atleta, o futuro grande poeta. Comeu as futuras viagens em volta da terra, as futuras estantes em volta da sala.
O amor comeu minha paz e minha guerra. Meu dia e minha noite. Meu inverno e meu verão. Comeu meu silêncio, minha dor de cabeça, meu medo da morte.

As falas do personagem Joaquim foram extraídas da poesia 
"Os Três Mal-Amados", constante do livro "João Cabral de Melo Neto - Obras Completas",Editora Nova Aguilar S.A. - Rio de Janeiro, 1994, pág.59.

Je le traduirais bien mais d'abord je dois répondre au courrier, j'ai trop de retard.

Juste le début. Et la fin.

L'amour a mangé mon nom, mon identité, mon portrait.  L'amour a mangé la certitude de mon âge, ma généalogie, mon adresse. L'amour a mangé mes cartes de visite. L'amour est venu et il a mangé tous les papiers où j'avais écrit mon nom.

L'amour a mangé sur l'étagère tous mes livres de poésie. Il a mangé, dans mes livres en prose, toutes les citations en vers. Il a mangé dans le dictionnaire tous les mots qui auraient pu s'assembler en vers.


...


L'amour a mangé ma paix et ma guerre. Mon jour et ma nuit. Mon hiver et mon été. Il a mangé  mon silence, mon mal de tête, ma peur de la mort.




J'ai bien peur que peu de textes de Joao Cabral de Melo Neto  ne soient disponibles en français. Il est mort il y a dix ans et on parlait de lui pour le Prix Nobel. 






16 mars 2010

silence

Il m’arrive de dessiner un mot sur le sol
avec un mot frais on peut traverser le désert
d’une journée



Aimé Césaire Moi, laminaire cité par Papalagui








12 mars 2010

Bien commencer



Ce vendredi, c'est le grand marché et la boîte à lettres est pleine de mots et de poèmes. Sophie assortit son courrier à ma table et les poèmes de Gilberto éclaireront les jours sombres à venir. Dans l'autre boite aux lettres,  l'autre Sophie me dit qu'elle a des poules  EN VRAI depuis le mois d'août.
On se prépare à partir à la ville faire le plein de peinture blanche et d'encre de chine, de livres et autres gourmandises.

04 mars 2010

Message reçu


Dans une enveloppe magnifiquement timbrée ( que saudade ...), ouverte par la douane (?) le Mensagem ( de Fernando P)  en fac similé (  envoyé par Luis et Ana)  est arrivé avec  le sourire de la postière en prime, ce qui met du baume au coeur.  Obrigadissima ...
tapuscrit en portugais : dactiloscrito

03 février 2010

Pourquoi Cecilia ?


Dans la Libre Belgique, JL Trintignant nous rappelle que la poésie est indispensable à nos vies. Je suis d'accord avec lui mais je trouve que le prix des places de son spectacle est exhorbitant.
Il y a quelque temps, Joao m'a demandé de choisir un poème pour son blog. J'ai eu bien du mal à choisir. Si c'était aujourd'hui, je choisirais celui ci :

Présentation

Voici ma vie - ce sable si clair
aux dessins de pas dédiés au vent.

Voici ma voix- ce coquillage vide,
ombre de sa propre complainte.

Voici ma douleur- ce corail brisé,
survivant à son moment pathétique.

Voici mon héritage-cette mer solitaire,
qui, d'une part était amour, de l'autre oubli.


Cécilia Meireles


Apresentaçao

Aqui esta a minha vida- esta areia tao clara
com desenhos de andar dedicados ao vento.

Aqui esta minha voz-esta concha vazia,
sombra de som curtido o seu proprio lamento.

Aqui esta minha dor- este coral quebrado,
sobrevivendo ao seu patético momento.

Aqui esta minha herança-este mar solitario
que de um lado era amor e, do outro, esquecimento.

(retrato natural)


Cecilia Meireles Poésie Seghers
traduit par Gisèle Slesinger Tygel

27 janvier 2010

rêve



Aujourd'hui, les passagers de l'Aqualys 14051 ( départ 16H49 gare des Aubrais Arrivée 18H09 gare de Tours) pourront écouter les poèmes d'Abdellatif Laabi lus par la comédienne Ghislaine Agnez. La chance. C'est 1000 lectures d'hiver.

(source la République du Centre)

Je me souviens que quand j'étais à l'école primaire, ma meilleure amie s'appelait Véronique.
Quand on remplissait une fiche d'identité, je l'enviais. J'écrivais lieu de naissance : Orléans et elle Bamako, Sénégal. Je me souviens qu'elle portait autour du cou un bijou qui s'appelait : la Croix d'Agadès, un mot que je répétais souvent : la croidagadesse.
Bamako n'est plus au Sénégal et je me demande où peut bien vivre Véronique aujourd'hui.

15 janvier 2010

Vague ( à l'âme ?)


12 : Libération
13 : Sud Ouest
ça faisait des lustres que je n'avais pas acheté Libé mais je n'ai pas pu résister à cette "VAGUE" à la Une.

13 janvier 2010

Trois (8,9,10)



Trois gares, trois haïkus.





Sources : Ouest France édition des Côtes d'Armor sous la neige

10 janvier 2010

2 janvier 2010


Toujours avec le programme du Théâtre de l'Odéon. C'est important de citer ses sources...

1er janvier 2010



Un haïku avec le programme du théâtre de l'Odéon ( La petite Catherine de Heilbronn de Kleist), c'est plus facile qu'avec la République du Centre, Sud Ouest ou Ouest-France.

20 décembre 2009

haïku de Noël

Bon, ben, bonnes vacances à tous, ici et là bas, en haut et en bas, bonnes fêtes aussi et à l'année prochaine, celle qui sourit.
xxx

19 décembre 2009

haïku d'hiver



maison endormie
les rouges gorges sont les rois
le chat est parti



maison endormie
Le rouge gorge est le roi
Le chat n'est plus là





20 novembre 2009

une féroce joie de vivre


Les chroniques d'Antonio Lobo Antunes sont toujours un régal. J'avais glissé dans mes malles le volume III en poche et j'ai eu bien raison.
"des volcans d'amitiés exigeantes et limpides, des îles fraternelles d'une rigoureuse tendresse, des abris de douces pierres où reposer son inquiétude, des êtres qui nous réconcilient avec la nuit la plus obscure (...)
C'est d'Eugénio de Andrade dont je parlerai aujourd'hui, éternel balcon de basalte en flammes donnant sur la mer. On vous dit l'ami le plus intime du soleil : oui, mais il s'agit d'un soleil obstiné et sévère. On vous dit poète : oui, car la fraîcheur de vos paroles traduit l'ardeur courroucée de votre sang. On vous dit d'un caractère difficile: oui mais cela n'entame pas la candeur du sourire qui éclaire parfois vos traits et nous montre l'unique chemin à travers les pommiers menant droit au fleuve. Je ne connais personne aux gestes si lents et à l'intelligence si vive. Là où votre oreille délicate se pose tout se fait coquillage. Tout ce que vos doigts touchent devient sensible et électrique comme le corps d'un chat. Là où plongent vos yeux jaillit une féroce joie de vivre. (...)"
Pour lire la suite de ce beau portrait du poète portugais Eugénio de Andrade par Antonio Lobo Antunes, lisez le livre de chroniques III, points 2008, remarquablement traduit par Carlos Batista.

Je vous souhaite à tous une féroce joie de vivre.

São como um cristal,
as palavras.
Algumas, um punhal,
um incêndio.
Outras,
orvalho apenas.

Secretas vêm, cheias de memória.
Inseguras navegam:
barcos ou beijos,
as águas estremecem.

Desamparadas, inocentes,
leves.
Tecidas são de luz
e são a noite.
E mesmo pálidas
verdes paraísos lembram ainda.

Quem as escuta? Quem
as recolhe, assim,
cruéis, desfeitas,
nas suas conchas puras?


Les poèmes de Eugénio de Andrade sont traduits aux éditions de la Différence


« S'inscrivant dans une veine lyrique, Eugénio de Andrade avait néanmoins su renouveler la poésie lusitanienne en la dépouillant d'un certain sentimentalisme endémique. Ses poèmes sont d'une concision tenant plus du haïku que de l'effusion pastorale ? le titre Blanc sur blanc est d'ailleurs un emprunt à Bashô. » (Sean James Rose, Libération, 14 juin 2005)

19 novembre 2009

presque végétale



Joao ( nem vale a pena dizer mais nada) aime la poésie. Hier, il nous a offert quelques lignes d'un poème d'Alexandre O 'Neil, poète portugais.

Nesta curva tão terna e lancinante
que vai ser
que já é o teu desaparecimento
digo-te adeus
e como um adolescente
tropeço de ternura
por ti.

Alexandre O'Neill

Je me suis souvenue de mes jeunes années. Quand j'avais tout quitté pour voir ailleurs si j'y étais ou si tu y étais. Et j'avais découvert une langue et ses poètes. Nous avions la chance d'apprendre le portugais avec de grands professeurs. En poésie portugaise contemporaine ( il y avait un cours de poésie portugaise contemporaine), nous devions choisir un poème et en faire le commentaire. J'avais choisi précisément ce poème d'Alexandre O'Neil parce que je le comprenais. JMM n'avait pas trouvé l'argument convaincant, il était perplexe. Il m'avait quand même laissé faire. J'avais dû mal m'exprimer. Peut être que c'était plutôt le poème qui me comprenait. Il me semblait que Alexandre O'Neil était aux yeux du professeur un poète mineur. ou ce poème particulier était un poème mineur. Sans doute aussi c'était ça qui me plaisait. Et aussi

Não podias ficar presa comigo
à pequena dor que cada um de nós
traz docemente pela mão
esta pequena dor à portuguesa
tão mansa quase vegetal


( Tu ne pouvais rester prisonnière avec moi
de cette petite douleur que chacun d'entre nous
mène doucement par la main
cette petite douleur à la portugaise
si douce presque végétale)