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08 mars 2010

traverser la mer de corail

Au petit déjeuner, Stéphanie me raconte l'histoire de Fafa et Rémy Mozarella, deux souris blanches italiennes qui décident d'aller voir de l'autre côté de la mer . Elles tentent la grande traversée pour s'apercevoir que  là bas c'est exactement comme ici.  C'est une histoire de Grégoire Solotareff ( un jour, un loup).  Rue Linière, aussi,  Grégoire Solotareff raconte des histoires.( Les filles ne meurent jamais)

Kiki et Xavier Mozarella  et leurs souriceaux sont allés voir comment c'était de l'autre côté  mais là, c'est pas la même histoire.  C'est pas du tout comme à Rochefort. Encore que, parfois.




M. Mozarella m'a montré une image de son livre  Géographie universelle Asie du Sud Est Océanie  sous la direction de Roger Brunet. Il m'a même fait une photocopie. Depuis j'ai très envie comme Fafa d'aller voir de l'autre côté de la mer de corail  ( si, si , ça s'appelle comme ça, je viens d'interroger le professeur Mozarella) si les brocanteurs de Brisbane vendent des washboards...






28 décembre 2009

les laveuses de Srbrenica



Une performance ( à la Biennale d'Istanbul en 2001) de Maja Bajevic,
vue hier soir, au Centre Pompidou ( elles@centrepompidou) exactement ce que j'aurais aimé faire. Je sais où je retourne aujourd'hui. Ou mercredi.
J'ai aussi recopié la phrase de Pierre Soulages "C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche"

03 octobre 2009

no washboard




Je n'ai pas vu de lavoir à C. et il paraît improbable qu'il y ait des planches à laver. X. me fait remarquer fort justement qu'avant la prise de possession le 24 septembre 1853 et surtout avant l'arrivée des pasteurs et des pères , il n'y avait pas beaucoup de linge à laver.
"Ils sont nus, absolument nus" écrivait le premier colon de Kanala, Martin Pannetrat dans une lettre à un de ses amis, en 1856.
Puis les missionnaires imposèrent la robe-mission.
Et sur la brochure de l'hôtel où nous avons passé une nuit en août, il était précisé que le monokini était interdit sur la plage ...


J'ai triché, j'ai mis une planche à laver dans les malles. La savoyarde...

02 mars 2009

planche savoyarde



J'ai reçu ma planche savoyarde. Je lui trouve quelque chose de kanak.  Et même quelque chose des bonshommes de Gaston Chaissac. Comme quoi tout est affaire de regard. 



17 décembre 2008

A quoi rêvent les laveuses ... ? à l'Andalousie



Alors que les planches dorment pour l'hiver( pour hiberner le nid est plus approprié), des petits messages arrivent qui réchauffent ces jours où on allume la lumière en plein jour pour essayer d'y voir quelque chose.
Photo CB novembre en Andalousie.



Où est le soleil ?

19 juillet 2008

ça persiste (6)





Je devrais faire une pause mais je persiste. Dans la cour, c'est en place. Un peu d'autosatisfaction.Quelques autoportraits sous le soleil eXactement.



Dans le cesky salon, il n'y a plus qu'à planter des clous.

Dans la cozinha portuguesa, ça hésite.


Dans la chambre maritime, c'est le souk complet, ça attendra l'août. Je devrais faire une pause: Anjela, Gaël et Stépan sont annoncés en fin d'après-midi. Que bom que é , que bom que é.

18 juillet 2008

ça suit son cours ( 5)

Il n' y a pas que l'expo dans la vie.

Il y a aussi Cécilia qui est bien arrivée dans son village togolais mais pas sa valise, perdue par Royal Air Maroc. C'est Anne qui sert de boîte à lettres. Aujourd'hui, c'est aussi le 18 juillet, premiers résultats de ces maudits concours de sciences po. Le n° de candidat est collé sur le pot de confiture d'abricots de mamie, 2ème étage dans le frigo.
Le livre d'Hélène Bessette maternA est arrivé, j'ai commencé à le dévorer. C'est bizarre mais ça se dévore.
Sara part rejoindre sa soeur Rym à Bristol toute seule comme une grande et si on en croit les photos du blog de la colo, Anjela adore le pays basque. Comme il pleuvait trop, on a du dormir dans l'étable avec les canards et le matin, c'est les vaches qui nous ont réveillées. T'imagine. Oui, ma petite fermière, j'imagine très bien.
Valérie est enfermée dans la bibliothèque de Beaubourg avec son maudit master et elle chuchote quand on l'appelle au téléphone...


Allez, j'y retourne. A mes pinceaux et à ma colle.

Voici donc l'état des choses. A quoi ressemble la cour des laveuses. C'est juste une répétition. Ah bon, tu m'as fait peur, un mois au soleil et aux intempéries, il n'en serait rien resté.

Vendre ou donner, telle est la question. Bon, ça mérite réflexion. Et l'idée de verser un don à l'association d'Aly et Shahana, Sojhro, ça serait peut-être une bonne idée ?



Les trois planches de Matera, basilicate et la planche d'amour + ses quatre battoirs


Les trois petites planches de la grand-mère de Jiri Kolar + les trois laveuses de Bohème


Les trois planches di"ici


Et la planche à Albertine, Gramat


31 janvier 2007

autres planches




Cela fait des mois que je cherche. Je tape "planche à laver" en vain et puis voilà aujourd'hui apparaît le travail d'un artiste algérien. Nous avons en commun les planches à laver, les valises et même les chemises. Il s'appelle Kamel Yahiaoui. Il y a presqu'un an, il a eu des soucis avec des fâcheux qui lui reprochaient( comme musulman ) son travail sur la Shoah. Je découvre tout cela avec un an de retard, Rochefort est loin de Paris. On peut lire sa lettre ouverte aux irresponsables sur le site kabyle.com . Il y a une case rechercher, on tape le nom : YAHIAOUI et on trouve plein d'infos.
kabyle.com
On peut découvrir son travail sur le site du musée des arts derniers, oui, j'ai bien dit derniers, pas premiers.

art-z.net




18 juin 2006

les trois petites planches de la grand-mère de Jiri Kolar


1) Quelques nouvelles des planches à laver : résumé des épisodes précédents

En 1998, au moment de quitter la République tchèque, j'achète trois petites planches à laver chez le brocanteur de la rue Ricni devant l'arrêt de tram. Je trouve ces trois objets très simples et très beaux comme trois petits tableaux inachevés.
Quelque temps auparavant, j'ai visité une exposi
tion des collages de Jiri Kolar. La question que je me pose : a-t-il collé sur des planches à laver ? Avant de partir, je colle des bouts de papier, récoltes et résidus des quatre années passées.
28, 2
9, 30. Trois, deux , un, partez. Je pars.

Mais ces planches ne sont pas celles de la grand-
mère de Jiri Kolar. Elles ont servi à qui ? Et qui est venu les vendre pour quelques couronnes ?
Elles ont servi à quoi ? Plus j'y pense et plus l'objet me raconte des histoires : de linge, des histoires de femmes, d'hommes. La planche devient un récit de vie universelle. Je commence à collectionner ces histoires. De larmes, de sang " il ne faut pas laver le sang à l'eau chaude, disait nadia, ça l
e cuit"), de sueur, de crasse, de jus de framboises, de poussière d'amiante ( la dame brésilienne qui racontait à la télé qu'elle en était recouverte quand elle lavait les bleus de son mari).

En 99, Hélène m'en rapporte une magnifique en bois sculpté qui semble venir d'Afrique. Les noeuds du bois font comme des initiales .
J'en fais une planche d'amour.

Elle en apporte une autre de la part de Marie
Eve, que je connaissais à peine. J'ai 5 planches. Leur cadeau est un encouragement à continuer à peindre. Il y a du pain sur les planches. 7 ans plus tard, je viens de me coltiner à la planche de Marie Eve.

J'aimerais être comme le linge tourné et retourné sous la douceur de la mousse.( découpé dans le courrier des lecteurs deLibé vers 1985)



Françoise m'en ramène plusieurs des Etats Unis. Les mormons continuent de les utiliser. Il y a même un modèle de voyage, à glisser dans les valises. Mais Rodolphe, le percutionniste m'en prend une pour faire de la musique. Car chaque jour, l'objet se charge de sens : c'est aussi un instrument de musique.On joue en enfilant des dés à coudre à ses doigts.






A Orléans, je trouve aux puces du Boulevard Alexandre Martin, le modèle du catalogue Manufrance. Elle devenue la planche d'une femme de marin. Pourquoi ?
J'ai tant de fois traversé le boulevard Alexandre Martin pour aller du CES Jeanne d'Arc à la piscine du Palais des sports, en rêvant à l'océan.









A Gramat, dans le Lot, sous les halles, celle qui deviendra en 2006 la planche d'Albertine q
ui rêvait de roses.

2004 : je découvre le livre d'Yvonne Verdier " Façons de dire, façons de faire, la laveuse, la couturière, la cuisinière" Gallimard, 1979 réédité en 2003, pendant un stage sur le conte à l'IUFM de la Rochelle. La laveuse, c'est la femme qui aide, celle qui est chargée de "faire les passages", qui aide les enfants à naître et à grandir et les gens à mourir.
Dans une version orale du Petit Chaperon rouge, les laveuses qui sont en train de faire la buée ( la grande lessive) aident le Petit Chaperon Rouge à traverser la rivière en tendant un drap pour qu'elle ne se noie pas. Elles font pareil pour le loup qui la suit mais elles lâchent le drap et il se noie. ( racontée par Y. Verdier dans un article sur le Petit Chaperon Rouge "Grands-mères, si vous saviez ..., le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale". Les Cahiers de la littérature orale IV (1978) On peut lire l'article complet sur Internet.
expositions.bnf.fr/contes/









Au Portugal, la quête est longue, les femmes utilisent des bacs avec planches intégrées en ciment. Impossible à déplacer. Miraculeusem
ent j'en trouve deux dans une droguerie d'Amadora. C'est Valérie qui les a chez elle. Ce sont les stèles de deux portugaises, veuves de la guerre de 14-18.

A Matera, en Italie, chez Sandra, il y en a une magnifique, usée, faite avec le bois des arbres qui couvrait le domaine englouti il y a des années par un barrage. mais au marché de Matera, à la sortie de la ville, il y a toutes les tailles et il faut marchander. En dialecte de Matera , on dit strucaturo. La semaine dernière, les trois planches de Matera sont devenus une "geografical fugue" aux couleurs de l'Italie : rouge de venise, jaune de naples, vert véronèse.

A Augsburg, devant le Fuggerei, je trouve une planche en verre. Je laisse une planche en porcelaine, trop cher. La règle de la collecte : pas de pièce de collection.

A Archingeay, près de Tonnay Boutonne, je me laisse pourtant tenter par une magnifique planche, composée d'un système de roulements en bois. Je n'y ai pas touché.

Mais les plus belles, c'est encore à Prague que je les trouve en 2003. Des petites dames sont venues se défaire de leurs reliques. Je passe des heures en tête à tête avec elles. Je les écoute raconter . C'est parfois difficile d'y toucher. Petit à petit, raconter à mon tour sans trahir.

Voilà huit années que les planches s'accumulent. De temps en temps, le mot fait ressurgir des souvenirs. De planche. mais pas à laver. Jamais je n'ai vu quelqu'un de ma famille utiliser ce genre d'objet. L'été, à Aytré, il n'y avait pas de machine, tout se lavait à la main dans une bassine avec du Génie sans bouillir mais je ne revois pas ma grand-mère frottait sur une planche. A Patay, non plus, pas de machine à laver mais il est possible qu'il y ait eu une planche à laver, derrière, dans la buanderie mais j'éprouvais plutôt , quoi ? du mépris ? du dégoût ? de l'indifférence pour ces oubliés de la modernité. Tout ça pour dire que ces planches à laver, je n'en ai aucun souvenir personnel.

Planche , j'entends :

"Les nageurs du cours collectif de crawl sont attendus sous le plongeoir avec leur planche" dit la voix au micro de la piscine découverte des canards Rochelais qui n'existe plus.

"La Trinite Porhouet, tel est mon but, Emmaus, c'est ma planche de salut! " répète en boucle le vieux cheminot, ancien journalier dans les fermes du Centre Bretagne que nous avons pris en stop et sa voix résonne encore dans nos oreilles.


Mais ça n'a rien à voir.

De fil en anguille, de planche en planche, j'en suis venue au battoir ( le tapou) et l'image de Gervaise au lavoir s'est imposée. Le lieu de toutes les violences. Violence du battoir contre le linge, violence du drap que l'on jette dans l'eau pour le rinçage, violence des mots...
Le linge parle et les mauvaises langues avec lui. J'ai revu hier Peau d'Ane à l'école et ce sont les laveuses qui chantent dans la cour de la ferme, pour insulter "Peau d'âne".