06 octobre 2008

Mélancolie à la brésilienne


Arrivent des nouvelles de Leila. Pas directement. Mais des nouvelles quand même. En portugais. Du Brésil. Em portugues . Do Brasil. Podem ler Aqui.

05 octobre 2008

Il pleure


Ca coule sur le carreau. C'est beau.

Quelqu'un a rentré le linge ?

X. est en bas qui écoute Good Vibrations. Non, c'est François Béranger, maintenant (par d'autres.)
M. est en haut qui écoute eh ? hé ? hey ? Jude ? C'est bizarre. Non, maintenant c'est Bob Dylan.
C. est au milieu qui écoute ce qui vient d'en bas et ce qui vient d'en haut.
A. est à côté qui range sa chambre.
Dimanche midi.
Je fais les maquereaux ? Pourquoi pas ? avec du riz ? Oui.
Si je faisais une tarte aux pommes pour le goûter?

et que tu t'envoles...





Et voilà. Le premier des grands corbeaux s'est envolé. Pour les 19 ans de B. Je l'ai photographié sous toutes les coutures. Il sera dorénavant accroché sur les murs de l'appartement d'une jeune étudiante en histoire de l'art. Bien joli destin.
C'est le numéro 46. C'est une sorte d'autoportrait. des morceaux de carte d'Europe destinée à la poubelle lors du déménagement du collège. une coupure de presse me représentant à l'âge de 1 an dans les bras de mon grand père lors de son départ en retraite à la Gare de la Rochelle , des tickets de rationnement tchèques, de mystérieuses étiquettes rouge et noir portant les mots grandeur ou couleur et des numéros, une photo représentant un militaire probablement sur la côte de granit rose trouvée à emmaus St Brieuc, un morceau de bois ramassé sur la plage de Fouras le matin de la tempête du 31 décembre 99, un 9 découpé dans un calendrier musulman, des pages d'une collection de Lisette d'avant guerre acheté sur le Cours Roy Bry, des plumes d'oie destinées à huiler les viandes, achetées à Prague à une vendeuse à la sauvette devant la boucherie de Dejvicka, du sable des Açores, un N°46 acheté dans une quincaillerie en liquidation près de Staromesto... La surimpression d'avant les ordinateurs... Le pinceau et la colle avant le logiciel. Leila disait palimpseste.

03 octobre 2008

Projet de carte d'anniversaire

Dans 13 jours, on va fêter son anniversaire. Je lui prépare sa carte. Prétexte pour surimprimer une dernière fois avant d'aller au lit. La rose vient du jardin de Marie Christine, la belle jardinière.
Faites de beaux rêves.

Petit matin et petit soir



7H30. Le jour se lève . Les réverbères sont encore allumés et les chambres de l'hôpital aussi. C'est l'heure à laquelle je referme la porte derrière moi et je monte sur mon vélo. Voilà ce que je vois.
19H30. 12 heures plus tard, je quitte l'école de musique où j'ai essayé de jouer la Valse à Ollu pour la énième fois. J'admire la patience et l'optimisme du professeur . J'essaie d'en prendre de la graine. Voilà ce que je vois : le quai, la Charente, l'autre rive, juste avant que le jour se couche. Au petit soir.
Entretemps, j'ai rendu visite au Gingko. Il prend une drôle de tournure comme s'il hésitait encore. J'ai lu quelque part qu'on attend un nouveau Jiro Taniguchi. Je pense toujours à lui quand je vais voir l'Arbre, lui, rend régulièrement visite aux éléphants du zoo de Tokyo.

30 septembre 2008

Les mots des autres (4)


Je copie et je colle un poème d'Al Berto sur le blog de Joao. Pour les lusofalantes.
Et juste quelques lignes de traduction pour les autres en attendant des jours meilleurs.

há-de flutuar uma cidade no crepúsculo da vida
pensava eu... como seriam felizes as mulheres
à beira mar debruçadas para a luz caiada
remendando o pano das velas espiando o mar
e a longitude do amor embarcado

por vezes
uma gaivota pousava nas águas
outras era o sol que cegava
e um dardo de sangue alastrava pelo linho da noite
os dias lentíssimos... sem ninguém

e nunca me disseram o nome daquele oceano
esperei sentada à porta... dantes escrevia cartas
punha-me a olhar a risca de mar ao fundo da rua
assim envelheci... acreditando que algum homem ao passar
se espantasse com a minha solidão
(anos mais tarde, recordo agora, cresceu-me uma pérola no coração. mas estou só, muito só, não tenho a quem a deixar.)
um dia houve
que nunca mais avistei cidades crepusculares
e os barcos deixaram de fazer escala à minha porta
inclino-me de novo para o pano deste século
recomeço a bordar ou a dormir
tanto faz
sempre tive dúvidas que alguma vez me visite a felicidade

Al Berto



J'ai bien essayé de vous le traduire mais une petite migraine m'empêche de remettre en marche la machine rouillée à force de ne pas servir, alors juste un petit passage où il est question d'une perle.


Et jamais ils ne me dirent le nom de cet océan
J'attendis assise à la porte... avant j'écrivais des lettres
Je me mettais à regarder le trait
de mer au fond de la rue
Ainsi je vieillis persuadée qu'un homme en passant
s'étonnerait de ma solitude
( des années plus tard, je m'en souviens, il me poussa une perle dans le coeur, mais je suis seule, très seule, je n'ai personne à qui la laisser)

29 septembre 2008

A la plage des nonnes, dimanche d'automne





Même si le Tina's café a fermé pour l'hiver (Quel hiver ?). Même si on a dû se passer de son Chili Con Carne...

28 septembre 2008

Les amoureux des autres (1)







Je ne connais pas de plus juste représentation de l'amour que les vols d'amoureux de Chagall.
Alors je lui emprunte pour quelque temps. Les voilà qui survolent la Méditerranée entre Beyrouth et Alexandrie. Il va falloir redonner des coul
eurs à cette mer. Je ne manque pas de bleu. J'en ai reçu en cadeau.




27 septembre 2008

Les mots des autres (3)


Lorsque j'écris, les choses deviennent – redeviennent – réelles. Ecrire, c'est compenser une absence, c'est aussi un espace de liberté, imaginer des relations qui n'ont jamais existé. Les gens se parlent et ne s'entendent pas. Amants, parents, enfants, tous se loupent, irrémédiablement. La fiction apaise, mais ne donne pas de réponse : Pourquoi est-on aimé ? Pourquoi est-on abandonné ? Qu'est-ce que l'amour ? Qu'est-ce la fidélité ?

Richard Ford


Hier soir, Anne m'a parlé du livre de Richard Ford qu'elle pensait offrir à F. pour son anniversaire ( 72 ans déjà bon anniversaire) et aujourd'hui ces mots du même sur le blog Zuihitsu que je m'empresse de copier et de coller dans mon sac à mots ( je recouds, je recouds, je panse, je pense).

26 septembre 2008

Le temps était maussade...


Le temps était maussade et les enfants aussi.
Les Açores, c'était beau mais cet endroit, non décidément, ils ne voyaient pas pourquoi on les avait traînés là, à faire cette randonnée sous la pluie, à manger des sandwiches au jambon sous un kiosque à musique en regardant d'horribles canards patauger dans un égout à ciel ouvert. Décidément leurs parents étaient des gens bizarres, à répéter : tu vas voir, c'est magique.
Arrivés là, tu parles, trempés jusqu'aux os, à marcher sur des galets gros comme des obus, vas-y que je me tors la cheville à chaque pas, à gauche une falaise dont on ne voyait pas le haut tellement elle était haute et qui semblait prête à s'abatttre d'une minute à l'autre, d'ailleurs, un peu plus loin elle s'était abattue recouvrant les galets et empêchant le passage. Dommage, on aurait pu aller jusqu'à Agua Retorta, disaient les parents. Tant mieux pensaient les enfants.
Le seul moment amusant de la journée, c'est quand Mano est monté sur un bloc de béton et qu'il a fait la statue.

24 septembre 2008

Les mots des autres (2)


Remplissage de sac à mots avec des mots d'ailleurs


a)Une expression québécoise , lu dans Sud-Ouest cette semaine.
Une famille qui fait le tour du monde en bateau envisageait de "pendre son chapelet à la corde à linge" avant de traverser le Golfe de Gascogne. En français, croiser les doigts, toucher du bois...

b)Un proverbe chinois ( approximatif ) dans le film de Wayne Wang, Un millier d'années de bonnes prières , d'après une nouvelle de Yiyun Li:

Il faut 300 ans de bonnes prières pour traverser un fleuve avec quelqu'un et 3000 ans pour partager son oreiller .

23 septembre 2008

Les photos des autres (1)




Dans le ciel ou sur les chassis du potager du Roy où nous mangeâmes le Bougna kanak.
Sur les murs, dans le labyrinthe, la forme de radoub, dans le bassin de l'Amiral.
Des photos au ras de l'eau, de l'océan. ( Tu entends O ?) de Daniel Nouraud.
et dessus des ombres, les nôtres et celles des autres.



Et des souffleurs de mots avec leurs longs tuyaux noirs et leurs chapeaux noirs et leurs parapluies noirs qui nous susurrent à l'oreille des mots doux que je mets dans ma besace rapiécée pour faire des confitures de mots doux.
Cet hiver, j'en écrirais des tartines. En attendant, il faut cueillir.

Se dorloter exemple - sillonner l'arsenal ensoleillé le samedi avec Sophie, goûter l'alitération et y retourner le dimanche avec Marie.

Je suis plein, dit le panier.


Je suis une figue ( fille) blessée " plus becquété d'oiseaux que dés à coudre" (FV)


De figues. Du figuier de Myriam, le courageux, lui aussi au rendez vous. Et Marie dans l'arbre, comme un oiseau.
Ca sent la confiture et les petits déjeuners de la plage d'Aytré ( le paradis) dans la maison et dans la tête.

Se dorloter - exemple : cueillir des figues en bonne compagnie et en faire des confitures.

Je jaunis, dit le gingko


C'est imperceptible, juste l'extrémité de mes feuilles a commencé à jaunir. C'est inévitable, c'est l'automne.

Encore un effort et le gingko biloba devant l'école Zola méritera une fois de plus le nom d'Arbre aux mille écus. Prenons exemple sur sa ténacité et sa constance.

22 septembre 2008

bleu nuit



a, a, a , a , a , a, a, a, a, a, a, a, aaa,aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

20 septembre 2008

Les mots des autres ( 1)


Il y avait un gros trou dans mon sac à mots. J'ai pris mon dé, mon aiguille et mon fil. Je ravaude, je raccommode. Je suis une piètre couturière, ça peut durer longtemps cette reprise. En attendant il reste les mots des autres. des poètes. Même de ceux qui s'ignorent, qui sommeillent ou qui sont morts.

A quoi rêvent les laveuses ? AQRLL?

Hypothèse 1 : c'est du linge sale que t'as mis dans le panier ?

A Ponte de Lima, sur des galets
elles étendent les bannières élimées
de soldats du Christ amochés
des saints suaires en veux-tu
sur la grève
des saints sueurs
des chemises noires aussi

Les sapes du dimanche
elles lavent la java ou y pensent
ta main mes hanches soleils

Elles rêvent mardis gras vendredis saints
des tâches des peines
elles y rêvent
tous les chagrins des gros
les maigres
les maigres chagrins aux muscles maigres
manches retroussées des terrassiers

elles lavent les regards éteints
leur cendre, la cendre des regards
la fièvre des cendres le mercredi
les rêvent grand ouverts
lavent les yeux jeunes vieux

au vent, dans les chemises gonflées
elles rêvent mais jamais
ne prient
elles lavent les cris et les coups
les mauvais, bon dieu de christs soldats,
elles rêvent salé, lavent les
larmes
les cancers
et c'est pêché, ces tâches
ces filets aux quais, rouges

alles râvent au vent, au chemises
aux bonnets,
et se disent,
rouges
"avant les lavandières"
elles rêvent aux voiles


X.J Louis