14 mai 2010

Valise


J'apprends que CELUI qui me mit le pied à l'étrier, comme on dit, que me permit d'avoir chaque semaine mon nom dans le journal l'année de mes 18 ans  prend sa retraite. Je sais que je l'ai beaucoup déçu en décidant à 25 ans de tout envoyer par dessus bord et de changer (une première fois) de direction. Je lui enverrais bien un haikullage pour son départ mais je ne suis pas sûre que ce soit de très bon goût pour quelqu'un qui " a épousé le journalisme avant d'épouser Mireille." Il verrait en tout cas que si je n'ai plus de carte de presse depuis belle lurette j'ai gardé l'amour des quotidiens, des titres et de la typographie ( même appauvrie).

                                          
                                                  
Aujourd'hui, sur les conseils de ma petite voisine de presque 7 ans, j'ai tenté de ranger .  Chaque chose  dans sa valise et une valise pour chaque chose. Mais je ne serais pas étonnée qu'on découvre qu'il existe un gène du rangement.  Qui me fait défaut. ( J'ai beau ranger, c'est chaque fois pire)



                            L'un range son Mont-Blanc
                       De l'autre côté du monde
             Moi et mon bazar

13 mai 2010

Belle

la promenade à la cascade.  Comme les plumes de rapaces que j'ai fait tomber sur le chemin du retour. Comme le petit nid de mousse et d'aiguilles de bois de fer qui donne envie d'être un oiseau. On s'est perdu dans le champ d'herbes hautes. On se serait cru dans la chasse à l'ours. (What a beautiful day! / We're not scared. / Oh-oh! Grass! / Long, wavy grass. / We can't go over it. / We can't go under it. / Oh, no! / We've got to go through it!) On a entendu la cascade mais on a rebroussé chemin. La nuit tombe vite à cette saison. 


Alors :



Un tout petit nid, 
La couleur des herbes hautes
et les plumes perdues




et aussi de bonnes nouvelles des deux premiers paquets, je commence à respirer :






Baptisé pépère,
il a fait un beau voyage
le grand katara




Avec dix sept pieds
21 000  kilomètres
il est arrivé



















laid/beau


L'hôpital de Nouméa est presqu'aussi laid que celui de Rochefort. Mais il est beaucoup plus loin, foi d'ambulancière.Par contre, la vue est belle  au sommet ( autre point commun). je me demande si l'horrible monstre bleu de la rue Clémot aura disparu quand nous rentrerons.


Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Par contre, faire un haiku avec l'hôpital et les maladies, je ne sais pas. J'en ferai deux demain...





 Vous avez vu  comme c'est beau : an angel  or  a rat

11 mai 2010

14 janvier



En janvier, j'ai découpé des mots dans les journaux régionaux, au fil de mes déplacements : Sud Ouest, Ouest France, La République du Centre.  C'est un exercice difficile, écrire des poèmes avec les mots du journal et le résultat est, c'est vrai, McdsM, bien éloigné de l'esprit du haiku.
Le 14 janvier, les journaux ne parlaient que du tremblement de terre de Port au Prince. Je suis restée longtemps sur la table rose et blanche de la cuisine de Rochefort à déplacer les mots sans trouver quoi que ce soit  de  juste.
Depuis la fin du mois d'avril, j'ai repris les haikus  de janvier pour en faire des haikullages.

Aujourd'hui 11 mai,  je me suis attelée au haiku impossible du 14 janvier . Pas question de le mettre dans le magasin mais je me dis que je pourrais reverser la totalité des gains à une association haitienne par exemple.


Deux jours  de pluie  diluvienne et je m'appelle Vieux Os. Heureusement le soleil est revenu dans la journée. Le matin et le soir, il commence à faire très frais.


 Des chats et des chiens
La pluie m'a rongé les os
Je sèche au soleil




Vous avez vu ? Ce qu'on peut faire avec des sacs en plastique plutôt que de les bruler au dépotoir...

10 mai 2010

Je grave


Je grave, je grave et je ne me brûle pas.

Dis donc, il s'en passe des choses dans le Poitou.
Et les Charentes.
Il fut un temps où on dansait place Colbert. ( Mais on découpait aussi des femmes en morceaux rue du Port rue de la Bienséance, à deux pas du château)


                    Je grave des bambous
        que je cueille sur la terrasse
          refuge ou prison ?


J'ai réapprovisionné le petit magasin mais ne le dites pas au jeune économiste, il croit que j'ai compris les flux tendus et le juste à temps. Chers amis, avertissez moi à la réception du paquet, je me fais un sang d'encre, je sais qu'il y a le volcan islandais, son nuage mais quand même ça en met un temps...



                        

09 mai 2010

sardines



Il y a quelques jours, j'ai participé à un "jeu". Il fallait envoyer une recette à la première personne d'une liste et un message à 20 personnes susceptibles de "jouer". Je devais recevoir 36 ( pourquoi 36 ?) recettes en retour. A ce jour, j'en ai reçu 4. Le poulet aux olives de Virginie, le flan aux carottes de Françoise, la pâte sablée de Flore, les fraises au sucre ( ou plutôt le Sucrer les fraises) de McsdM. Mais Josine me traduit un gâteau au fromage blanc et aux fruits rouges polonais que j'attends avec impatience.
En général, je ne joue pas à ces "jeux" sauf quand j'aime bien la personne qui me l'a envoyé.

Comme il fallait envoyer une recette qu'on connait par coeur, j'ai envoyé un must des temps de disette. Quand il n'y a vraiment plus rien dans le frigo, il reste au fond d'un placard  un paquet de spaghetti et une boite de sardines. C'est à  Heinrich que j'ai piqué cette recette. Avec beaucoup de citron. Et de l'ail. Et de la coriandre fraîche si on aime ça. Ou du persil plat. Si les spaghetti sont italiens, les sardines portugaises, le citron de Canala, c'est mieux. Si les spaghetti  maison sont  faits par Sandra, les sardines pêchées par  Zéduardo et le citron cueilli par Fanny, c'est un repas de  fête.

Mais les meilleurs recettes, elles se trouvent sur les blogs desquels je suis membre. Clea cuisine, l'alibi de Patoumi ( dont j'ai beaucoup aimé le texte sur  le sandwich au porc laqué, cela m'a plongé dans une réflexion existentielle : et moi ai je des souvenirs des sandwiches d'enfance ? Impossible de me souvenir ce que maman mettait dans les sandwiches qu'on emmenait en voyage scolaire pour visiter les châteaux de la Loire ou la chocolaterie Poulain. Mes pensées me ramenaient toujours à ces sandwiches que la famille d'accueil nous avait donné lors du séjour à Londres et que personne n'avait mangé. Des sandwiches au concombre et des sandwiches aux sardines. J'avais trouvé ça  secrètement délicieux. Je me souviens aussi du saucissonnage dans le train  avec mémère mais ce qui cristallise mes pensées c'est le gobelet en plastique pliant, enfermé dans une petite boite ( qui ressemblait aux boites à éponge qui sentaient mauvais) qu'elle sortait de son sac comme une récompense. Jamais il ne s'est replié alors qu'il était rempli.)
Un dimanche à la campagne et  la généreuse Tasca da Elvira.


     Avec mes claquettes
        J'ai des fourmis dans les jambes
  et dans mes pensées sardines

08 mai 2010

Bingo !


Vous répondriez quoi, vous, à un gars (sympathique) qui vous demande ce que vous devenez, 30 ans après vous avoir dit que finalement , on partirait pas en vacances  ensemble alors que vous  attendez d'être convoquée pour l'oral de rattrapage du baccalauréat ( et que vous les attendez avec impatience ces vacances à la mer avec planche à voile). Et il ajoute : grosses bises de St Barth.

Par exemple :  je reviens du bingo où j'ai rien gagné. J'ai les jambes couvertes de piqûres de moustiques.  J'ai mangé une brochette de cerf(fe) qui était tendre et j'ai une nouvelle paire de claquettes qui n'ont de japonais que le nom. Au fait, j'ai eu mon bac.


Facebook, je ne sais vraiment pas quoi en penser.


               Qu'est ce  que je deviens ?
      une tendre brochette de cerf(e)
terno, quine, bingo !




07 mai 2010

surproduction

Je me souviens parfaitement d'avoir eu une très mauvaise note au seul exposé d'économie que j'ai jamais fait. C'était un travail de groupe sur les revenus des Français. Je n'y comprenais rien mais j'avais lu que Raymond Barre laissait à sa femme le soin de remplir sa déclaration parce qu'il n'y comprenait rien, lui non plus. J'avais trouvé que c'était une bonne conclusion . Pas les professeurs.

Un jeune économiste de retour de la ville, en me voyant m'affairer me demande si j'ai, un jour,  entendu parler des" flux tendus" , du "juste à temps" et de "surproduction".


























A la nouvelle quincaillerie, on peut acquérir pour un prix modique des claquettes ( on dit claquettes, si on dit tongues, ça fait zoreilles) dites japonaises de toutes les couleurs. Nous avons choisi les rouges. Je prédis pour lundi une rupture de stock.  C'est une chose qui ne risque pas d'arriver à mon petit magasin.


     Sont elles japonaises
Mes toutes nouvelles claquettes rouges
 ça m'étonnerait bien
elles valent un haiku



06 mai 2010

autoportrait en chasseuse ( de moustiques)



C'est la première fois (ou presque) que je m'intéresse au cours du dollar. Je suis consternée ( car si j'ai bien compris) haiku-llages et autres kataras  coûtent plus cher (en euros) qu'il y a une semaine. Je n'ai absolument rien à voir avec cette chute de l'euro.
 S. me suggère des soldes. C'est un peu tôt, non ?









Je passe du temps à regarder les margouillats attendre les moustiques pour les gober.
 Hier soir , j'ai dû les remplacer, les margouillats ( je ne les gobe pas, je les écrase plus classiquement, les kataras ne les effrayant pas le moins du monde). C'est la saison des amours chez les margouillats. . En tout cas chez les margouillats de la cuisine. (J'ai des photos mais elles  ne sont pas publiables)  Et les moustiques en profitent pour inviter des amis.



Amour immobile,
sur le mur de la cuisine
j'écrase un moustique


Vous avez vu, des valises -sofa, c'est exactement ça qu'il nous faudrait. Ce qu'il nous aurait fallu.



05 mai 2010

Trop de haiku ?


Non, je n'ai pas ramassé les cannettes écrasées qui s'accumulent sur la chaussée coaltarée , j'ai été tentée mais j'ai résisté. J'ai juste ramassé une capsule jumelle de celle d'hier.

J'avais autre chose à faire.  J'ai essayé mon pyrographe.  J'ai fait des gammes : des lignes verticales, horizontales, des zigzags ( ma spécialité existentielle) sans me brûler et sans brûler le fil. Sans mettre le feu à la maison.  Pas mal pour un début.

Quand je me suis exclamée : oh , mais je pourrais pyrograver des haiku(s), certaine a répliqué : Trop de haiku tue le haiku. Ah?

J'attends une certaine anxiété l'arrivée des haikullages et autre katara à destination. Prévenez moi dès que vous les avez.

Je vois que le volcan islandais  recrache des cendres. Et hop une barquette de haiku, une...


Aujourd'hui, la nouvelle quincaillerie a ouvert. J'ai toujours adoré les quincailleries. Mes préférées étant celles de la rue Conde Barao à Lisbonne. Je suis gâtée. (Franchement j'aurais préféré un salon de thé mais c'était peu probable. )

 Elle est jaune safran    
 La quincaillerie du village
C'est ma tasse de thé.


Vous avez vu  ? des cabanes à Beaubourg. de  Tadashi Kawamata

04 mai 2010

petit glânage


Depuis que j'applique à ma vie quotidienne les conseils de Georges Perec "Mon propos...a plutôt été de décrire le reste: ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance:ce qui se passe quand il ne se passe rien..., ça va  nettement mieux.


Hier , en revenant de la Poste ( où je suis allée poster un petit paquet  à destination de Lussant, I've got six sales on my store, can you believe it ? ), j'ai trouvé des trésors qui ont bien fait envie à ma petite voisine. Et je ne parle pas du courrier, trésor des trésors ( carte collée de London et  carte colorée de Venise-Amsterdam où certaine en d'autre temps  essaya de marcher sur l'eau...)

La mercière ambulante est une sacrée glâneuse. J'aimais beaucoup aussi les "détritus" de  Barton Lidice Benes. J'aime beaucoup Barton lidice Benes tout court.

 Et bientôt à Paris Georges Perec et l'art contemporain. Alors, je feuillette les Beaux Présents, Belles absentes que Wébé a glissée dans mon bagage à main avant que nous nous envolions.



 4 mai : Aujourd'hui, le vent est si fort qu'il fait claquer les portes et brise les tringles à rideaux. Alors


                                
    Les rideaux s'envolent

s'étalent, lagon miniature

sur parquet flottant

03 mai 2010

Alors comme ça, t'habites à Fleury ?











Un courriel m'informe que le 22 et 23 mai se tiendra à Bézu St Eloi ( 27)  le Baz'art, le Festival international d'art singulier. L'invité d'honneur est André Robillard dont nous avons vu  au Musée Art) &(marges,  à Bruxelles, les drôles de fusils. Ce que m'apprend surtout ce message, c'est  que André Robillard fut un voisin. 


 "André Robillard est né en 1932. En raison de troubles du comportement, à l'âge de 19 ans il est placé dans l’' hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais dont il fréquentait déjà l'école annexe depuis l'âge de sept ans. A trente trois ans, il fabrique ses deux premiers fusils que son psychiatre le Dr Renard montrera à Jean Dubuffet. La même année, il est recruté comme auxiliaire pour s'occuper de la station d' ’épuration de l'hôpital, ce qui lui permettra de demeurer dans son logement jusqu'à aujourd'hui. André Robillard fabrique surtout des fusils, des engins spatiaux et après une visite à Lausanne où il fut vivement impressionné par l'œuvre d'Auguste Forestier, des animaux fantastiques et des personnages. Au fil des années, il est devenu dessinateur, sculpteur, musicien. Il joue de l'harmonica, de l'’accordéon et des percussions sur des instruments qu'’il se plait à inventer. André Robillard est fier d'avoir fait quelque chose de sa vie grâce à ses fusils et il a conscience qu'il laissera une oeuvre derrière lui. Ses armes, ironiques et dérisoires, sont constituées de matériaux usagés assemblés à l' ’aide de rubans adhésifs colorés. Il utilise tout ce qui lui tombe sous la main : vieux tuyaux, ficelles, cartouches, ampoules, tubes, tissus, plastiques, qu'il assemble avec des clous, du fil de fer et du ruban adhésif d'électricien. Dans sa maison, l’' accumulation d'’objets impressionne. Une étonnante collection de boites de cigares, de peluches et de masques de mardi-gras pour enfants côtoient en grand nombre quelques fusils et des dessins.








Une partie des créations d'André Robillard se trouve dans la Collection de l'Art Brut à Lausanne et dans celle de l'Aracine. Cette dernière est hébergée par le Musée de Villeneuve d'’Ascq qui réouvrira après travaux fin 2010." 

Je me souviens, que lorsqu'on nous demandait d'où on était et qu'on répondait : Fleury ( dans un rayon bien délimité autour d'Orléans), cela faisait ricaner souvent et s'esclaffer parfois avec le doigt sur la tempe comme si on vissait. 

En  étendant le rayon, Fleury n'était plus un hôpital psychiatrique mais une gare où l'on changeait de train.




3 mai : j'ai vu un corbeau sur la route du haut G. C'est si rare de les voir.

farouche éclair noir

à notre approche, il s'enfuit
après vient la pluie

02 mai 2010

comptabilité


Les katara s'en vont  tant et si bien qu'il n'en reste plus que 42 à la maison. Il y a donc du  pain sur la planche  ce dimanche et ça permet de travailler les nombres relatifs avec certaine : -5  -2 - 1 + 50 + 3 .



  
     

Dans l' après midi

le vert pâle des aloès

apaise les regards







01 mai 2010

Premier haiku de mai



Souffle l'alizé
Sous la tôle de la terrasse
Je ferme les yeux

barquettes de haikus

Le vendredi au marché, vente de barquettes : crevettes au lait de coco ou bougna.
Je garde  les barquettes pour me faire des palettes.  Les palettes des katara sont noir et blanc.

Comme je ne jette plus rien ou presque, voici les barquettes de haikus.


Mon comité de sélection les a écartées ( c'est sale,  a dit ma conseillère Anjela) mais moi j'aime bien.
Bon appétit...

d'autres volcans  : ici

30 avril 2010

la calebasse d'avril



Ma petite entreprise me donne bien du travail et bien du plaisir. Merci pour les encouragements et  les emplettes. C'est chouette.  Un haikullage est en route pour Rochefort. Deux haikullages sont partis ce matin pour Porto et un katara pour  Outre Gardon. Quels voyages...

Avril se termine et les découpages de Nouvelles Calédoniennes avec. Ouf.


 En mai, fais ce qu'il te plait. Je suis impatiente.

365 haikus, je les ferai...

29 avril 2010

sous la tôle de la terrasse, le souffle de l'alizé



Le courrier avance. Encore une lettre à Vava et je suis à jour. pas encore le temps d'essayer le pyrographe. Des extravagantes veulent acheter des haikus qui ne sont pas à vendre.  Il y a de nouveaux haikullages dans le store. Comment dit on " mon petit magasin est ouvert " en tchèque ? Je dirais  : muj kramek je utevren mais  j'ai besoin de confirmation.  ( merci Jana, c'est fantastique internet)
Muj kramek je otevren , j'étais pas loin...
 C'est pour le mailing ( ah ah ah)...

















Affamé, l'amour a dévoré les ustensiles dont j'ai l'usage : peigne, couteau, brosses, ciseaux à ongles, canif. Affamé,  l'amour a dévoré l'usage que je fais de mes ustensiles : mes bains froids, l'opéra chanté dans la baignoire, le chauffe eau éteint qui ressemblait portant à une usine.
L'amour a mangé les fruits sur la table. Il a bu l'eau des verres et des jarres. Il a mangé le pain qu'on avait caché à dessein/ Il a bu les larmes des yeux qui, personne ne le savait étaient rempli d'eau.

L'amour est revenu pour manger  les papiers,  où sans réfléchir, j'avais recommencé  à écrire  mon nom.


JCMN

28 avril 2010

Juste le début. Et la fin.


Parmi les poètes que nous a fait découvrir  Cleonice, notre professeur de littérature brésilienne à Lisbonne : Joao Cabral de Melo Neto. En baguenaudant sur internet, je tombe sur un texte tiré de Os três mal amados ( les trois mal aimés) :



Joaquim:
O amor comeu meu nome, minha identidade, meu retrato. O amor comeu minha certidão de idade, minha genealogia, meu endereço. O amor comeu meus cartões de visita. O amor veio e comeu todos os papéis onde eu escrevera meu nome.
(...)
O amor comeu na estante todos os meus livros de poesia. Comeu em meus livros de prosa as citações em verso. Comeu no dicionário as palavras que poderiam se juntar em versos.

Faminto, o amor devorou os utensílios de meu uso: pente, navalha, escovas, tesouras de unhas, canivete. Faminto ainda, o amor devorou o uso de meus utensílios: meus banhos frios, a ópera cantada no banheiro, o aquecedor de água de fogo morto mas que parecia uma usina.
O amor comeu as frutas postas sobre a mesa. Bebeu a água dos copos e das quartinhas. Comeu o pão de propósito escondido. Bebeu as lágrimas dos olhos que, ninguém o sabia, estavam cheios de água.
O amor voltou para comer os papéis onde irrefletidamente eu tornara a escrever meu nome.
O amor roeu minha infância, de dedos sujos de tinta, cabelo caindo nos olhos, botinas nunca engraxadas. O amor roeu o menino esquivo, sempre nos cantos, e que riscava os livros, mordia o lápis, andava na rua chutando pedras. Roeu as conversas, junto à bomba de gasolina do largo, com os primos que tudo sabiam sobre passarinhos, sobre uma mulher, sobre marcas de automóvel.
O amor comeu meu Estado e minha cidade. Drenou a água morta dos mangues, aboliu a maré. Comeu os mangues crespos e de folhas duras, comeu o verde ácido das plantas de cana cobrindo os morros regulares, cortados pelas barreiras vermelhas, pelo trenzinho preto, pelas chaminés.  Comeu o cheiro de cana cortada e o cheiro de maresia. Comeu até essas coisas de que eu desesperava por não saber falar delas em verso.
O amor comeu até os dias ainda não anunciados nas folhinhas. Comeu os minutos de adiantamento de meu relógio, os anos que as linhas de minha mão asseguravam. Comeu o futuro grande atleta, o futuro grande poeta. Comeu as futuras viagens em volta da terra, as futuras estantes em volta da sala.
O amor comeu minha paz e minha guerra. Meu dia e minha noite. Meu inverno e meu verão. Comeu meu silêncio, minha dor de cabeça, meu medo da morte.

As falas do personagem Joaquim foram extraídas da poesia 
"Os Três Mal-Amados", constante do livro "João Cabral de Melo Neto - Obras Completas",Editora Nova Aguilar S.A. - Rio de Janeiro, 1994, pág.59.

Je le traduirais bien mais d'abord je dois répondre au courrier, j'ai trop de retard.

Juste le début. Et la fin.

L'amour a mangé mon nom, mon identité, mon portrait.  L'amour a mangé la certitude de mon âge, ma généalogie, mon adresse. L'amour a mangé mes cartes de visite. L'amour est venu et il a mangé tous les papiers où j'avais écrit mon nom.

L'amour a mangé sur l'étagère tous mes livres de poésie. Il a mangé, dans mes livres en prose, toutes les citations en vers. Il a mangé dans le dictionnaire tous les mots qui auraient pu s'assembler en vers.


...


L'amour a mangé ma paix et ma guerre. Mon jour et ma nuit. Mon hiver et mon été. Il a mangé  mon silence, mon mal de tête, ma peur de la mort.




J'ai bien peur que peu de textes de Joao Cabral de Melo Neto  ne soient disponibles en français. Il est mort il y a dix ans et on parlait de lui pour le Prix Nobel. 






27 avril 2010

more shopping


Je remercie du fond du coeur (  from the bottom of my heart ?) ma première acheteuse. Son paquet est parti ce matin avec des jolis timbres en courrier prioritaire et le sourire de la postière.

Comme moi, il y a 6 mois, elle trouve qu'il y a de bien jolies choses sur Etsy.com.

Quelques exemples


des fingers puppets cards

Jane Austen words magnet set

sun disk dangles

coffee sack baskets

more finger puppets ( M. a eu les Ramones pour son Noël)

more earrings ( les filles ont  eu ça pour Noël et la créatrice est à paris, c'est moins cher en frais d'expédition)



et qu'on achète ou qu'on vende, ça fait du bien à notre anglais.

Avec ma première vente, je sais comment je vais dépenser mes sous...

Et bien sûr le quotidien :

26 avril 2010

Shopping





Petit saut en ville pour faire quelques courses dans des vrais magasins.  Un thé bleu à la toujours aussi reposante maison de la Corée. des cadeaux pour  celles de mai, du niaouli pour Naziha ( enfin) et le tant désiré kit de pyrogravure comme au Centre aéré quand on était petits de la même couleur que le livre pour Leila . A moi les bambous gravés !

Quant à l'autre petit magasin , ici , quelques explications.

 Pour acheter, il faut  s'enregistrer ( register)  en haut à droite afin de pouvoir  remplir son panier ( cart). Pour le règlement, on peut utiliser le système pay pal  ( sécurisé, je l'ai utilisé  pour faire mes cadeaux de Noël l'an dernier sans aucun souci) mais aussi tout autre forme de  paiement.

  J'adore jouer à la marchande,  j'adore avoir des visiteurs mais  je confesse que les histoires d'argent entre nous, ça me dérange.