14 juillet 2009

Sud


Une rumeur persistante suggère que  la chanson de Nino Ferrer Le Sud lui aurait été inspirée par la Nouvelle Calédonie où , c'est attesté, il a passé les 5 premières années de sa vie et est retourné plusieurs fois.

Je retiens qu'il y a du linge étendu sur la terrasse et c'est joli.

13 juillet 2009

Loire




Sur son blog, elle dit qu'il y avait toujours un fleuve près de nous, parfois même entre nous.

Je me souviens que j'avais été déçue en arrivant à Angers de découvrir que la Loire n'y coulait pas. Je me souviens aussi que Serge Reggiani chantait : jt'aimerais si la Loire coulait à Angers , jt'aimerais même si tout à coup tu mdisais qutu m'aimais.

Je ne me souviens pas qu'il y ait un fleuve  à Troyes et je n'ai pas aimé Troyes.

Je me souviens que lorsque nous vivions au Havre nous aimions traverser la Seine sur un bac pour retrouver Marguerite D .

 A Lisbonne, je ne me suis jamais lassée de prendre les cacilheiros, ces petits bateaux qui traversent le Tage à  l'endroit où on dirait une mer (la mer de paille).

Je me souviens qu'avec ma première voiture,une 2 chevaux bleue,  j'adorais rouler le long de la Loire entre Orléans et Tours. 

Et que la Vltava se jette dans l'Elbe à Melnick.

Et que le dimanche à Rochefort, parfois,  c'était chemin de Charente.

jeudi 9 juillet, entre Port Launay et le Pellerin

12 juillet 2009

chère Valou,



Quand tu venais nous voir aux Açores, tu apportais toujours des cadeaux : l'un d'eux avait donné lieu à une polémique entre M. Dame et moi. A qui avais-tu offert le film de Capra It's a wonderful life ?  Nous étions chacun sûr de notre affaire. J'ai tenu tête pour une fois et je l'ai gardé. On le ressort à Noël, c'est un film qui met tout le monde d'accord, un  de ces feelgood movies, dont parlait Boris hier  au cinéma  le Dragon à la Rochelle. J'aurais bien aimé que tu sois là. 
Aujourd'hui, je ne sais pas quoi faire pour te faire sourire. J'ai bien pensé à dévoiler sur mon blog les pires photos de vacances. 
Je ne le ferai que si tu me donnes ton feu vert. J'en meurs d'envie. Des vieux restes de paparagazza sans doute ou de  mes propres mésaventures .
Ces derniers temps, j'ai vu de beaux films dont deux feelgood movies. Des qui font revenir du cinéma en sautillant, en chantonnant et qui donnent envie d'écrire des essemmesses... Looking for Eric et Whatever works...  Je ne suis pas sûre qu'ils te plairaient alors je t'en offre un autre.
Celui que tu nous as offert. J'en avais préparé   un autre plus inattendu ( surtout que je pensais que je pouvais faire pivoter l'image ultérieurement et en fait non, remarque ça retire le côté crucifixion et c'est plus aérien) Malheureusement, je n'arrive pas à télécharger mon film.
Il faudra te contenter d'une image fixe.
Fillette, voire grande fillette, j'aimais bien m'enregistrer  avec mon minicassette Grundig une marque dans laquelle mon père avait foi , déclamant solennellement des poèmes de Rimbaud,  Verlaine ou Baudelaire sur un terrible disque de St Preux.  Le balcon  et colloque sentimental étaient mes préférés (ça devait venir juste, une fois que j'ai eu épuisé les charmes du viewmaster.)

Je ne suis pas sûre d'avoir beaucoup progressé.  Tout le monde n'a pas de talent pour le cinéma.
Mais c'est un petit cadeau. Et si on prête l'oreille derrière on entend chanter Sophie que je remercie à mon tour pour ses multiples cadeaux ( ça c'est si j'avais réussi  à installer ma vidéo).
 On va dire que c'est une installation in progress. Tu imagines 7 chemises de nuit sur des chevalets avec 7 tableaux du chemin de croix inachevé  comme les 7 femmes de Barbe bleue... enfin faudrait creuser...

Whatever works




A Nouméa, Ptit Jean Berthelot trouve que je ne m'en fais pas.Nantes, Dick Annegarn, Vincent Delerm et maintenant  Woody Allen. Et aujourd'hui ?

 Ptit Xav lui m'encourage à en profiter.   Et je ne leur ai pas tout raconté :  je n'ai pas pu résister à l'acquisition d'un  viewmaster  chez mon Brocanteur préféré. Pour mon musée .(

Brocante Pascal

21 Route Nationale
17250  St Porchaire 

Deblaiements, Debarras

Tél:  0546955504 - 0675653436

  Fillette, J'ai passé des heures à appuyer sur la gachette en regardant vers la fenêtre, résidence du Clos de  Lamballe, Bâtiment B escalier 2 sans me lasser de toujours revoir les mêmes images. C'était sans doute Denise, l'amie américaine qui nous l'avait offert.

 Anjela a trouvé ça "bôf" mais Mano a trouvé ça "trop cool" Bon achat, a-t-il conclu en s'extasiant sur les couleurs  de la Riviera. Et t'as vu l'oranger au premier plan ? 

Whatever works : vivons n'importe quoi qui marche, qui rend heureux - serait-ce du n'importe quoi tout court aux yeux des autres. Telle est, en substance, la devise de ce film pour aujourd'hui, où n'agit plus aucun remède universel. C'est une devise pragmatique, qui a de quoi étonner chez un supposé intello comme Woody Allen - il aimait autrefois se peindre en idéaliste malmené par la vie. Et comme ce qui marche un moment ne marche pas toujours, c'est, aussi, un éloge vivifiant du mouvement, du provisoire, du hasard - attendez-vous à un formidable usage littéral de l'expression « tomber sur quelqu'un »...

On peut encore y voir un manifeste de cinéaste. Au début, Boris l'atrabilaire s'en prend aux « feel good movies », ces films hollywoodiens destinés à provoquer une euphorie un peu idiote chez leurs spectateurs du fait de leur fin heureuse. Or, bien sûr, Woody Allen signe, avecWhatever works, son feel good movie. Il met tout le monde dans sa poche - les vieux, les jeunes, les femmes, les gays - et ose le total happy end. Apparemment loin de tout rêve de grandeur (comme au temps où il se voulait Bergman). Le paradoxe est qu'il réussit, encore, une sorte de chef-d'oeuvre, à l'intérieur de ce genre dit mineur. Quand, à la toute fin, entre autodérision et forfanterie, est prononcé le mot « génie», il passe comme une lettre à la poste.

Louis Guichard

Télérama, Samedi 04 juillet 2009

11 juillet 2009

la meute ?


La jeune fille à l'accent, disons, anglais a demandé à ceux qui se penchaient pour regarder d'arrêter d' hurler aux loups. 
En bas, dans les douves du château de Nantes, un loup dormait indifférent aux hurlements des ombres humaines. Les autres  loups couraient d'un bout à l'autre  comme au zoo.
La jeune fille n'a pas eu besoin de demander aux loups d'arrêter de parler . Ils restaient silencieux et ne levaient pas la tête.
La jeune fille a expliqué que l'artiste voulait confronter l'humain et l'animal. Voilà.
 C'est tout.

Je n'ai aucun disque de Vincent Delerm


Non, aucun. Jamais.

Remarquez je n'ai rien contre non plus. Mais je l'ai toujours évité soigneusement. Je devais me douter de ce qui allait arriver... 
Je prête l'oreille quand j'entends ses chansons dans la voiture et les Filles de 1973 me fait toujours pleurer quand à la fin il dit des noms de filles de sa classe...Mais pas plus, je vous jure.

Hier matin, en lisant son interview dans  Sud- Ouest, j'ai vu qu'il était le soir à la Rochelle avec Dick Annegarn.  C'est ça qui m'a convaincu. En plus c'était dans le grand théâtre, pas sur l'esplanade St Jean d'Acre, ça aussi ça m'a convaincu. L'esplanade c'est bon pour les striptease de Rachid T entre copines mais seule, le théâtre c'est mieux.

Je venais  juste de revevoir ma feuille de route du Vice Rectorat de Nouvelle Calédonie avec ses noms d'aéroports inconnus . Ma feuille de route. Quel drôle de mot. On dirait que je pars à la guerre. Mais moi je pars à la paix.

Dick était l'homme de la situation. On passerait sûrement un bon moment. J'aime sa voix. Il chanterait Bruxelles, c'est sûr. D'ailleurs, il l'a fait, au second degré, mais c'était bien.

Quant à Vincent Delerm, quand il a commencé son cinéma, avec des silhouettes de stars hollywoodiennes en carton dansant  avec des chanteurs français agaçants, quand les silhouettes se sont mis à tournoyer sur un écran blanc, je me suis dit que j'allais pas rester.
Et puis voilà, je me suis laissée séduire. Je l'ai franchement trouvé drôle, sympathique et j'ai envié ceux qui connaissaient ces chansons par coeur. Quelle jolie soirée. J'ai repris le bus de mer dans l'autre sens en me disant entre  les deux tours que la vie nous faisait tous les jours des cadeaux, il fallait juste tendre les bras.

Du coup, je vais de ce pas à la médiathèque emprunter ses disques.

10 juillet 2009

Momo , Jojo , Valentino, Rita, Dona Dalila et aussi Zozo




A Lisbonne, Dominique de la rua Cidade de Manchester nous avait donné deux mandarins.  Nous avions accroché la cage dans la marquise, qui est à Lisbonne cet espèce de grand balcon fermé qui peut servir de buanderie. Comme le font les gens de Lisbonne. Nous étions prêts ( j'étais prête) à tout pour être de Lisbonne. Les enfants ouvraient souvent la cage et nous passions des heures à essayer de les attraper sans leur faire de mal.
Je ne suis pas sûre des noms que les enfants leur avaient donnés ( je mélange avec celui des hamsters que nous avions  enfants)  à vrai dire rien que d'y penser ça me revient  l'un s'appelait Momo et l'autre ? je ne sais pas ? Jojo ?
Quand nous sommes partis, nous les avons offerts à la dame du haut si gentille dont j'ai oublié aussi le le nom qui fut ravie du cadeau. Je ne me souviens que de celui de la dame du bas : Dona Dalila. Elles étaient toutes les deux charmantes et j'aimais bien quand elles m'offraient un café au lait avec un biscuit ( bolacha Maria).
 
J'aime que ce que je vois me rappelle d'autres choses, gaies ou tristes et ce n'est pas forcément de la nostalgie. Je ne suis pas nostalgique de cette époque reculée où je venais à Nantes passer la journée marchant sur les pas de Violette, Guilbaud, Edith et la Baronne, laissant dans sa boîte aux lettres des messages à Rita Parissi, une vieille dame étrange rencontrée à Bourges qui semblait avoir eu une vie  bien remplie, amante de Rudolph Valentino ou  quelque chose du genre pour finir sa vie dans une chambre de bonne. Je devais être bien seule à l'époque.
J'ai du mal à reconnaître la place du Bouffay  où Violette  apprend à Guilbaud qu'elle attend un enfant de lui et découvre  en même temps que Guilbaud ne l'aime pas. Mais je ne suis pas bien sûre non plus que cette scène existe vraiment.
Les petites halles  devant lesquelles est filmée la scène  ont été fermées de grillage. On y a placé 40 mandarins et des guitares électriques comme des perchoirs. On se croirait dans un  temple japonais ou du moins dans l'idée que je peux me faire d'un temple japonais. Les mandarins sont bons musiciens et nous sommes bon public. Les mandarines font leur nid  et je suis ravie de ce cadeau. C'est la fête de l'estuaire.
ça y est , je sais,  le deuxième mandarin, il s'appelait zozo. Momo et zozo, c'est ça. C'est bon de  faire marcher sa mémoire, je suis sûre que c'est bon.

09 juillet 2009

autoportraits multiples au lieu unique




Il y a juste dix ans nous sommes venus ici déposer au grenier du siècle un Marcel chiné bleu usé dans un bocal.
 Nous étions tous là et nous avions été ( j'avais été) choqués (e) par le mauvais accueil de l'hôtesse du lieu unique. Révoltée ( et sans doute passablement oisive), j'avais écrit à Jean Blaise.  Il ne m'a jamais répondu mais peut-être a t-il lu ma lettre. 

 Aujourd'hui,  je suis seule au Lieu Unique et partout dans la ville, les médiatrices de la fête de l'estuaire sont jeunes, jolies et souriantes, répondent aux questions, apportent des programmes aux visiteurs.

Dans les toilettes, il est difficile de se tirer l'autoportrait entre les graffiti et les gros mots.

07 juillet 2009

Despedir se, dit-elle



En portugais, il existe un verbe usuel  qui a le sens de  : prendre congé de  mais qui n'a pas sa désuétude  ni son formalisme: despedir se.  et un nom :  a despedida. Par exemple : le pique nique de dimanche soir est : um piquenique de despedida.
En français : je passerai pour te dire au revoir, te faire un petit coucou. 
Cette petite considération linguistique pour dire que nous avons encore un peu de temps pour la despedida. News of the day  nous partons le 25 à 23H35. C'est tard mais au moins ça laisse le temps pour les despedidas...
Hier soir, despedida  des moules et des mollets de demoiselles de Rochefort.  
Dîner au Cap Nell de fin de colo et marche dans les pas de Gene Kelly devant l'école de Boubou.