24 novembre 2009

Vue de C 8 ( le monument aux morts)





Au carrefour qui marque l'entrée du village, juste à l'angle de la route qui mène à la Mission devant les ruines d'immenses bâtiments dont on ne sait pas encore à quoi ils pouvaient servir, il y a le monument aux morts.

fonds d'écran pour Marie


de face et de profil


Non, ce n'est pas mon autoportrait du jeudi. On est mardi.
Est ce que c'est ça qu'on appelle une trogne ?
Ce manguier en a une bien belle.

23 novembre 2009

La petite marchande de litchis


Elle emballe ses litchis dans du papier journal pour qu'ils restent roses longtemps mais j'ai bien peur qu'elle mange son fonds la petite marchande de litchis.
Elle a mis des masques dans l'arbre pour faire fuir les gourmands nocturnes. Et on dirait que ça marche...
Pour la vitamine C et le potassium, je ne sais pas mais pour le délicat goût de rose, je confirme.

Première tournée


Comme sur les mystérieuses glaces italiennes G7 de Bologne qui atterrissent par miracolo chez Gaby, l'épicier, mes premières cartes de voeux sont riempito a mano. Je réinvente l'imprimerie.

22 novembre 2009

bright star


Chère Marie,
J'ai beaucoup pensé à toi aujourd'hui. J'ai regardé en boucle la bande annonce du nouveau film de Jane Campion. Je sais que le Piano est ton film préféré. L'héroïne de Bright star est couturière et le peu que j'ai vu des costumes devrait te ravir. J'espère qu'on pourra le voir ensemble. Il sort le 13 janvier en Europe. à très bientôt




La promenade à la Mission




Un peu de "tourisme".
La Mission, c'est l'église, l'école, le séminaire où ont étudié Jean Marie Tjibaou et Eloi Machoro. Sur le chemin, on aperçoit le fortin de la gendarmerie, trace de la présence du bagne (première photo en haut à droite).

Vue de C. 7

Du chemin qui monte vers la Mission.
La petite maison à gauche, c'est là qu'on habite.

21 novembre 2009

douceur



Pour qui n'aime pas l'amertume de la marmelade d'oranges, la douceur de la confiture de papayes bananes gingembre. Le seul souci, ici, c'est de cuire les confitures.

ambiance

On partage avec vous notre déjeuner du samedi.



video

le temps des noyaux



Alors que je me renseigne sur la valeur nutritive du litchi ( vitamine C et potassium), j'apprends qu'un certain Wang Tingbiao, agronome de Hainan, a fini par mettre au point, après des années de recherche, une nouvelle espèce de litchi sans noyau qui est absolument exquis.
Je suis contre.
Le noyau est somptueux, il invite à la contemplation. Je n'arrive pas à les jeter. Qu'est ce que je pourrais bien en faire ?
Sur wikipédia, on explique comment le faire germer.

Le litchi nécessite un environnement humide et le substrat ne doit jamais être entièrement sec. La plante est très sensible au manque d'eau. Il est possible de cultiver le litchi en plantant deux clous au sommet d'un noyau (en veillant à ne pas l'endommager trop en profondeur) et en mettant la base du noyau dans l'eau. La racine sort du côté plat du noyau au bout de quelques semaines. L'eau doit être changée régulièrement et la racine peut mettre plusieurs mois avant de vraiment démarrer sa croissance. On peut ensuite transplanter le noyau dans un substrat aéré et humide. La racine étant très fragile, il faut bien faire attention lors de cette opération.

Les fruits n'apparaissent qu'après 4 à 5 ans. On peut également faire germer des litchis dans un pot en plastique avec du coton humide. Une fois que la graine a germé, la planter dans un pot de terreau à l'abri du froid et avec beaucoup d'humidité et de soleil.


20 novembre 2009

une féroce joie de vivre


Les chroniques d'Antonio Lobo Antunes sont toujours un régal. J'avais glissé dans mes malles le volume III en poche et j'ai eu bien raison.
"des volcans d'amitiés exigeantes et limpides, des îles fraternelles d'une rigoureuse tendresse, des abris de douces pierres où reposer son inquiétude, des êtres qui nous réconcilient avec la nuit la plus obscure (...)
C'est d'Eugénio de Andrade dont je parlerai aujourd'hui, éternel balcon de basalte en flammes donnant sur la mer. On vous dit l'ami le plus intime du soleil : oui, mais il s'agit d'un soleil obstiné et sévère. On vous dit poète : oui, car la fraîcheur de vos paroles traduit l'ardeur courroucée de votre sang. On vous dit d'un caractère difficile: oui mais cela n'entame pas la candeur du sourire qui éclaire parfois vos traits et nous montre l'unique chemin à travers les pommiers menant droit au fleuve. Je ne connais personne aux gestes si lents et à l'intelligence si vive. Là où votre oreille délicate se pose tout se fait coquillage. Tout ce que vos doigts touchent devient sensible et électrique comme le corps d'un chat. Là où plongent vos yeux jaillit une féroce joie de vivre. (...)"
Pour lire la suite de ce beau portrait du poète portugais Eugénio de Andrade par Antonio Lobo Antunes, lisez le livre de chroniques III, points 2008, remarquablement traduit par Carlos Batista.

Je vous souhaite à tous une féroce joie de vivre.

São como um cristal,
as palavras.
Algumas, um punhal,
um incêndio.
Outras,
orvalho apenas.

Secretas vêm, cheias de memória.
Inseguras navegam:
barcos ou beijos,
as águas estremecem.

Desamparadas, inocentes,
leves.
Tecidas são de luz
e são a noite.
E mesmo pálidas
verdes paraísos lembram ainda.

Quem as escuta? Quem
as recolhe, assim,
cruéis, desfeitas,
nas suas conchas puras?


Les poèmes de Eugénio de Andrade sont traduits aux éditions de la Différence

19 novembre 2009

visage pâle


Je bronze je bronze mais je reste toujours blanche.

presque végétale



Joao ( nem vale a pena dizer mais nada) aime la poésie. Hier, il nous a offert quelques lignes d'un poème d'Alexandre O 'Neil, poète portugais.

Nesta curva tão terna e lancinante
que vai ser
que já é o teu desaparecimento
digo-te adeus
e como um adolescente
tropeço de ternura
por ti.

Alexandre O'Neill

Je me suis souvenue de mes jeunes années. Quand j'avais tout quitté pour voir ailleurs si j'y étais ou si tu y étais. Et j'avais découvert une langue et ses poètes. Nous avions la chance d'apprendre le portugais avec de grands professeurs. En poésie portugaise contemporaine ( il y avait un cours de poésie portugaise contemporaine), nous devions choisir un poème et en faire le commentaire. J'avais choisi précisément ce poème d'Alexandre O'Neil parce que je le comprenais. JMM n'avait pas trouvé l'argument convaincant, il était perplexe. Il m'avait quand même laissé faire. J'avais dû mal m'exprimer. Peut être que c'était plutôt le poème qui me comprenait. Il me semblait que Alexandre O'Neil était aux yeux du professeur un poète mineur. ou ce poème particulier était un poème mineur. Sans doute aussi c'était ça qui me plaisait. Et aussi

Não podias ficar presa comigo
à pequena dor que cada um de nós
traz docemente pela mão
esta pequena dor à portuguesa
tão mansa quase vegetal


( Tu ne pouvais rester prisonnière avec moi
de cette petite douleur que chacun d'entre nous
mène doucement par la main
cette petite douleur à la portugaise
si douce presque végétale)

« S'inscrivant dans une veine lyrique, Eugénio de Andrade avait néanmoins su renouveler la poésie lusitanienne en la dépouillant d'un certain sentimentalisme endémique. Ses poèmes sont d'une concision tenant plus du haïku que de l'effusion pastorale ? le titre Blanc sur blanc est d'ailleurs un emprunt à Bashô. » (Sean James Rose, Libération, 14 juin 2005)

18 novembre 2009

île et sardine



Chère Flo,

En recevant ta magnifique lettre ( c'est l'escalade jusqu'où ira -t-elle ?), j'ai pensé à Robert Desnos et à sa sardine de Royan...

(Une sardine de Royan
Nageait dans l'eau de la Gironde
Le ciel est grand, la terre est ronde,
J'irai me baigner à Royan.
Avec la sardine,
Avec la Gironde,
Vive la marine !
Et salut au monde !)

Et voilà maintenant , quand on a le dos tourné et la tête en bas, que des îles sortent de l'eau, et on est même pas en avril, dans cet estuaire où Robert nagea avec une sardine.

Ici radio St Hippolyte : les zinzins parlent aux zinzins . Hero fait la première partie de housse de racket, je répète hero fait la première partie de housse de racket.

Merci de m'avoir prévenu.

Ici rien de nouveau. Il commence à faire chaud et humide, comme il se doit sous les tropiques. On se dit que c'est étrange de préparer ses cartes de voeux avec cette chaleur.

On se goinfre de litchis, on marche par solidarité avec l'école primaire contre les cambriolages et les caillassages. On s'étonne de ne pas encore avoir été soi même cambriolés. On remercie masques et grigris.

On vous embrasse.












Retour sur terre



Pas de masques, pas de grigris mais une petite marche citoyenne ( parents d'élèves et enseignants pour alerter l'opinion sur l' augmentation des incivilités qui mettent en péril le fonctionnement des écoles . Partout les mêmes difficultés et ici encore un peu plus qu'ailleurs.