18 mars 2010
partout des merveilles
Je n'ai pas de champ mais j'ai le jardin. J'y trouve des merveilles que je sauve du feu et que j'essaye de dessiner.
Comme c'est jeudi, je me tire le portrait façon Antipodes en mars. Mémère, si elle le voyait dirait que j'ai les cheveux dans les yeux, que je suis mal peignée, que les coiffeurs c'est pas pour les chiens, qu'au moins je pourrais mettre une barrette, un serre tête ou un élastique. Elle dirait, mémère que je ne ressemble à rien.
Comme j'ai reçu du courrier, j'y réponds et dans la foulée, je réponds même à ceux qui ne m'ont pas écrit.
17 mars 2010
jour sans cyclone
les doigts de deux hommes et deux doigts, les doigts de deux hommes et trois doigts, les doigts de deux hommes et quatre doigts...
Demain ce sera vachement mieux
IL Y A EGALEMENT ( non pas un cauchemar) mais UN CAFARD DANS MON PLACARD (comme à l'hôtel Terminus, me chante le grand Jacques). Je l'ai trouvé alors que j'étais à la recherche de PAPAYE, nouvel habitant de la maison aux volets rouges. On compte sur lui pour nous débarrasser du MAXIMONSTRE du plafond.
(IL n'y a pas d'alligator sous mon lit, mais des gentils margouillats sur les murs qui se régalent de moustiques.)
Heureusement c'est dur aujourd'hui peut être, demain ce sera vachement mieux, me chante la lettre pleine de coeurs qui apporte des nouvelles dans la boîte à lettres : des mauvaises et des bonnes, des fraîches, des humides et des venteuses. Je rassure ma correspondante : j'ai arrêté momentanément la course à pied pour cause de saison chaude et humide et j'ai repris la pâtisserie fine pour cause de saison des oranges et de gourmandise.
M. Châtel est venu à la Nouvelle mais on ne l'a pas vu ici. Par contre Télérama l'a pas loupé. J'adore ce dessin. Celui des Nouvelles Calédoniennes est beaucoup moins drôle.
16 mars 2010
flotter
Les faits les plus banals m'étourdissent, impressionné que je suis pas leur richesse, leur profondeur, leur éclat caché. Etant déjà absorbé par la simple réalité, si subtile et si abondante, je n'ai plus besoin du surnaturel pour rêver. Je ne rêve pas d'un autre monde. Je rêve dans ce monde.
Je ne partage pas trop l'idée de pays, de drapeau ou de nation. En tout cas, pas autant que mes compatriotes. Je dirais plutôt que c'est ici que je suis né, c'est ici que j'ai connu l'amour pour la première fois, c'est ici que vivent ma mère et mes tantes, et c'est ici que vient de mourir mon meilleur ami. Une accumulation. Cette masse de faits produit une émotion. Et cette émotion m'appartient en propre. C'est mon identité. Je ne crois pas que les gens soient plus intéressants ailleurs qu'ici, ni même que la vie y est meilleure. C'est sûrement différent, même si je ne sais pas de quoi est faite cette différence. Je pense avoir le droit, si tel est mon désir, d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté de la colline. C'est tout. Un désir personnel. Le mien.
On ne peut ni prévoir ni fabriquer un tel moment. Il faut attendre simplement qu'il revienne. Parfois, ça prend des semaines ou même des mois. Et subitement, une fois de plus, sans crier gare, comme la mort, il nous tombe dessus. Alors je n'arrive plus à respirer. Mes mains deviennent soudain moites. Ma langue, lourde. Tout est confus dans ma tête. Je n'arrive plus à formuler une simple pensée. J'ai l'impression que nous sommes en train de flotter comme dans un tableau de Chagall. Je sens que c'est le moment. Il est là , enfin. Il faut que je lui parle.
Dany Laferrière Le cri des oiseaux fous Lanctôt éditeur
En lisant ce matin, j'ai compris pourquoi j'aime autant les livres de Dany Laferrière.
Je ne partage pas trop l'idée de pays, de drapeau ou de nation. En tout cas, pas autant que mes compatriotes. Je dirais plutôt que c'est ici que je suis né, c'est ici que j'ai connu l'amour pour la première fois, c'est ici que vivent ma mère et mes tantes, et c'est ici que vient de mourir mon meilleur ami. Une accumulation. Cette masse de faits produit une émotion. Et cette émotion m'appartient en propre. C'est mon identité. Je ne crois pas que les gens soient plus intéressants ailleurs qu'ici, ni même que la vie y est meilleure. C'est sûrement différent, même si je ne sais pas de quoi est faite cette différence. Je pense avoir le droit, si tel est mon désir, d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté de la colline. C'est tout. Un désir personnel. Le mien.
On ne peut ni prévoir ni fabriquer un tel moment. Il faut attendre simplement qu'il revienne. Parfois, ça prend des semaines ou même des mois. Et subitement, une fois de plus, sans crier gare, comme la mort, il nous tombe dessus. Alors je n'arrive plus à respirer. Mes mains deviennent soudain moites. Ma langue, lourde. Tout est confus dans ma tête. Je n'arrive plus à formuler une simple pensée. J'ai l'impression que nous sommes en train de flotter comme dans un tableau de Chagall. Je sens que c'est le moment. Il est là , enfin. Il faut que je lui parle.
Dany Laferrière Le cri des oiseaux fous Lanctôt éditeur
En lisant ce matin, j'ai compris pourquoi j'aime autant les livres de Dany Laferrière.
15 mars 2010
résiste toujours
J'ai fait des petits gâteaux à l'orange avec le zeste de la première orange pour le premier cours de xaracuu. J'ai appris un mot xwada qui veut dire " année" mais c'est une autre année que la nôtre, c'est celle de l'igname. Et c'est en ce moment la nouvelle igname.
Je ne sais toujours pas dire 41 en xaracuu mais je sais qu'on dit les doigts de deux hommes + un doigt. ( on compte ceux des pieds). Mes deux nouveaux katara me plaisent beaucoup. Rassemblés devant la porte d'entrée, ils ont vraiment fière allure.
14 mars 2010
Kamau ( Continue)
Je suis allée à la Ville.
A la Ville, Il n'est pas facile de se connecter à Internet. On est obligé d'aller chez Ronald Mac Donald et là on se fait arroser le dos de Sprite par une jeune étudiante japonaise, fraîchement débarquée du navire école de l'Université Tokaï. Heureusement que mes larges épaules ont fait écran... J'ai renoncé.
Je suis allée voir une exposition de photographies sur les squats de Nouméa. Malheureusement la galerie fermait à midi et il était 14 heures. Je me console en regardant tatele.nc
Je suis allée au cinéma voir un film américain à gros budget. J'étais assise à côté d'une famille d'écureuils malpolis qui n'ont fait que grignoter pendant toute la durée du film.
Je suis allée au théâtre et j'ai appris entre autres choses comment on disait Zoreille en hawaien.( Haole) et continue, tiens bon ( kamau) c'est des choses qui peuvent être utiles.
Je suis allée au Musée , j'y ai vu des objets magnifiques qu'on n'a pas le droit de photographier. J'aurais bien voulu vous les montrer.
J'ai marché contre le vent avant le petit déjeuner ( les alizés ont forci mais il semblerait que ça n'a rien à voir avec le cyclone sur Wallis et Futuna) et j'ai nagé sous la pluie dans un Pacifique tiède à souhait.
Dans la voiture, en me rhabillant, j'ai bien pensé à vous, aux températures négatives, en dessous des normales saisonnières. On parlait de la montée des eaux, de la mort de Jean Ferrat, des élections régionales.
Voilà, vous savez tout ou presque. Maintenant je vous écris de la terrasse en bambou. L'alizé continue de souffler rendant impossible le découpage du haiku quotidien. Les 41 katara ont bien surveillé la maison aux volets rouges.
Je vous embrasse et surtout KAMAU
PS : je crois que j'ai confondu ma boite mail et mon blog. C'est tout ce vent, ça rend fou.
A la Ville, Il n'est pas facile de se connecter à Internet. On est obligé d'aller chez Ronald Mac Donald et là on se fait arroser le dos de Sprite par une jeune étudiante japonaise, fraîchement débarquée du navire école de l'Université Tokaï. Heureusement que mes larges épaules ont fait écran... J'ai renoncé.
Je suis allée voir une exposition de photographies sur les squats de Nouméa. Malheureusement la galerie fermait à midi et il était 14 heures. Je me console en regardant tatele.nc
Je suis allée au cinéma voir un film américain à gros budget. J'étais assise à côté d'une famille d'écureuils malpolis qui n'ont fait que grignoter pendant toute la durée du film.
Je suis allée au théâtre et j'ai appris entre autres choses comment on disait Zoreille en hawaien.( Haole) et continue, tiens bon ( kamau) c'est des choses qui peuvent être utiles.
Je suis allée au Musée , j'y ai vu des objets magnifiques qu'on n'a pas le droit de photographier. J'aurais bien voulu vous les montrer.
Dans la voiture, en me rhabillant, j'ai bien pensé à vous, aux températures négatives, en dessous des normales saisonnières. On parlait de la montée des eaux, de la mort de Jean Ferrat, des élections régionales.
Voilà, vous savez tout ou presque. Maintenant je vous écris de la terrasse en bambou. L'alizé continue de souffler rendant impossible le découpage du haiku quotidien. Les 41 katara ont bien surveillé la maison aux volets rouges.
Je vous embrasse et surtout KAMAU
PS : je crois que j'ai confondu ma boite mail et mon blog. C'est tout ce vent, ça rend fou.
12 mars 2010
Bien commencer
Ce vendredi, c'est le grand marché et la boîte à lettres est pleine de mots et de poèmes. Sophie assortit son courrier à ma table et les poèmes de Gilberto éclaireront les jours sombres à venir. Dans l'autre boite aux lettres, l'autre Sophie me dit qu'elle a des poules EN VRAI depuis le mois d'août.
On se prépare à partir à la ville faire le plein de peinture blanche et d'encre de chine, de livres et autres gourmandises.
11 mars 2010
Where is New Caledonia ?
Je me rappelle qu'on est jeudi et je vérifie que je ne suis pas invisible. Je peins EN VRAI huit masques d'un coup ( reste 11) et j'écris un haiku bilingue. Je trouve que la vie est belle en VRAI et en REVE.
A Mouscron en Belgique, la municipalité distribue des poules aux habitants pour réduire les déchets ( j'ai toujours rêvé d'avoir des poules) et dans le désert australien, il y a plu des poissons en VRAI.
10 mars 2010
regrets caillassés
Aujourd'hui, c'est mercredi et je voudrais bien que les cours de tressage dans la montagne reprennent. On attend qu'il pleuve. Le pandanus a besoin d'humidité sinon il craque...
Alors je lis grâce à Joao une interview en anglais de Banksy( dont j'avais découvert les pochoirs à Brighton il y a deux ans ici) dans le Sunday Times.
Je regarde tatele.nc et les petits enfants de CM2 d'ici sont si touchants que j'ai presqu'envie de retrouver mon ancien chapeau.
A la Tasca da Elvira, je trouve des recettes pour le déjeuner parents/ professeurs de demain et dans les méandres de la Toile, je ne sais plus à QUI je dois cette découverte. Moi qui n'ai pas emporté mes livres de cuisine, j'ai trouvé là le bon endroit pour m'occuper de ma saudade. Et coup de bol, c'est la recette du FILET MIGNON à l'ail et au citron. Filet mignon, mon surnom à Salvador de Bahia quand j'étais jeunette. Je préfère ne pas savoir quel serait mon surnom aujourd'hui.
Le temps file, quand on pense que les filles et les garçons de mille neuf cent
soixante ont cinquante ans lalalalalalala, on se pince. Vous y croyez, vous ?
Assez trainé sur la Toile, je fais mon haiku. Le mot du jour : caillassé
Alors je lis grâce à Joao une interview en anglais de Banksy( dont j'avais découvert les pochoirs à Brighton il y a deux ans ici) dans le Sunday Times.
Je regarde tatele.nc et les petits enfants de CM2 d'ici sont si touchants que j'ai presqu'envie de retrouver mon ancien chapeau.
A la Tasca da Elvira, je trouve des recettes pour le déjeuner parents/ professeurs de demain et dans les méandres de la Toile, je ne sais plus à QUI je dois cette découverte. Moi qui n'ai pas emporté mes livres de cuisine, j'ai trouvé là le bon endroit pour m'occuper de ma saudade. Et coup de bol, c'est la recette du FILET MIGNON à l'ail et au citron. Filet mignon, mon surnom à Salvador de Bahia quand j'étais jeunette. Je préfère ne pas savoir quel serait mon surnom aujourd'hui.
Le temps file, quand on pense que les filles et les garçons de mille neuf cent
soixante ont cinquante ans lalalalalalala, on se pince. Vous y croyez, vous ?
Assez trainé sur la Toile, je fais mon haiku. Le mot du jour : caillassé
09 mars 2010
nouveaux pensionnaires
08 mars 2010
traverser la mer de corail
Au petit déjeuner, Stéphanie me raconte l'histoire de Fafa et Rémy Mozarella, deux souris blanches italiennes qui décident d'aller voir de l'autre côté de la mer . Elles tentent la grande traversée pour s'apercevoir que là bas c'est exactement comme ici. C'est une histoire de Grégoire Solotareff ( un jour, un loup). Rue Linière, aussi, Grégoire Solotareff raconte des histoires.( Les filles ne meurent jamais)
Kiki et Xavier Mozarella et leurs souriceaux sont allés voir comment c'était de l'autre côté mais là, c'est pas la même histoire. C'est pas du tout comme à Rochefort. Encore que, parfois.
Kiki et Xavier Mozarella et leurs souriceaux sont allés voir comment c'était de l'autre côté mais là, c'est pas la même histoire. C'est pas du tout comme à Rochefort. Encore que, parfois.
M. Mozarella m'a montré une image de son livre Géographie universelle Asie du Sud Est Océanie sous la direction de Roger Brunet. Il m'a même fait une photocopie. Depuis j'ai très envie comme Fafa d'aller voir de l'autre côté de la mer de corail ( si, si , ça s'appelle comme ça, je viens d'interroger le professeur Mozarella) si les brocanteurs de Brisbane vendent des washboards...
07 mars 2010
Vertige
Le bassin de captage fait vraiment penser à la piscine de la Quinta das Aveleiras à Torre de Moncorvo ( que saudade) mais on ne doit pas s'y baigner bien entendu. Il y a des trous d'eau un peu plus bas, si profond que je n'ai pas pu récupérer mes lunettes qui sont tombés au fond.

Pendant que les autres descendaient en rappel, j'ai lu Le cri des oiseaux fous, sous les bois de fer, en regardant le ciel et les nuages. Car moi, c'est comme ça, j'ai le vertige.
06 mars 2010
à l'envers
Elle me dit qu'elle a pensé à moi quand elle a vu la plage d'Aytré à la télé .
Je n'ai jamais oublié ce week end à la Rochelle, il y a si longtemps. J'avais voulu leur montrer la plage de mon enfance : le paradis.
Pour trouver ça beau, il fallait vraiment y avoir passé ses vacances d'enfant, y avoir pêché la crevette dans les parcs à huitres, les lavagnons à 4 pattes dans la vase, avoir creusé des sous marins aux grandes marées et mangé les galettes à la poussière de la grand mère à Dédé le bogosse, en bas de l'escalier, à côté des cabinets .
Elle, avec la ligne des parcs à huitres et les îles au loin qui bouchaient l'horizon , elle avait été déçue et avait prononcé la phrase mythique : on dirait le Bodensee.( le lac de Constance) Pourtant c'était la mer. L'océan.
Trop d'eau là . Ici, la saison des pluies ressemble à la saison sèche et pour descendre la Negropo aujourd'hui on a dû souvent pousser ou tirer le kayak. Elle dit : c'est le monde à l'envers.
Je n'ai jamais oublié ce week end à la Rochelle, il y a si longtemps. J'avais voulu leur montrer la plage de mon enfance : le paradis.
Pour trouver ça beau, il fallait vraiment y avoir passé ses vacances d'enfant, y avoir pêché la crevette dans les parcs à huitres, les lavagnons à 4 pattes dans la vase, avoir creusé des sous marins aux grandes marées et mangé les galettes à la poussière de la grand mère à Dédé le bogosse, en bas de l'escalier, à côté des cabinets .
Elle, avec la ligne des parcs à huitres et les îles au loin qui bouchaient l'horizon , elle avait été déçue et avait prononcé la phrase mythique : on dirait le Bodensee.( le lac de Constance) Pourtant c'était la mer. L'océan.
Trop d'eau là . Ici, la saison des pluies ressemble à la saison sèche et pour descendre la Negropo aujourd'hui on a dû souvent pousser ou tirer le kayak. Elle dit : c'est le monde à l'envers.
05 mars 2010
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